Sous cette mandature communale, l’inclusion est le premier objectif du projet de ville de Charleroi. Dans le domaine digital, sa mise en œuvre impose de lutter contre la triple fracture qui pénalise 40 % de la population, selon les proportions estimées par la Fondation Roi Baudouin, soit quelque 70 000 Carolos. Améliorer la connectivité, faciliter l’accès aux supports et enfin, renforcer la maîtrise des usages constituent les trois priorités de l’échevin Éric Goffart en charge du Numérique.

Une expérience pilote de formation d’aidants/tuteurs de première ligne a démarré avec des partenaires, dont le centre de compétences TechnofuturTIC. L’idée, c’est de former des volontaires à l’accueil et à l’accompagnement de publics précarisés, qui ne disposent pas de ressources pour utiliser des applis, plateformes ou effectuer des démarches digitales. "Il ne s’agit pas forcément d’opérations compliquées, note l’échevin. Envoyer un e-mail, se servir d’une souris, c’est parfois aussi simple que cela. Il faut prendre les usagers par la main, les mettre en confiance, les éduquer. C’est un rôle qui incombe d’abord aux agents de notre administration mais qui doit s’étendre à d’autres institutions et au secteur associatif pour faire de notre ville un modèle d’inclusion."

Une cinquantaine de volontaires ont déjà participé à des formations, mais la volonté est d’aller bien au-delà, pour créer ce que l’échevin appelle une "communauté d’apprenants", favorisant le partage de bonnes pratiques et la médiation numérique. Les accords passés avec TechnofuturTIC et l’opérateur WeTechCare visent à monter en cadence. Manager formations de TechnofuturTIC, Pierre Lelong évoque le chiffre de mille aidants par an en Wallonie. Une ambition qui dépasse Charleroi.

La métropole ne sort-elle d’ailleurs pas de son rôle en initiant une dynamique qui dépasse les limites de son territoire ? Pour Éric Goffart, la réponse est non. "Cela rencontre des besoins de proximité et ouvre une voie que d’autres peuvent emprunter."

À ce propos, la question de la recherche de financements devrait trouver des solutions à court terme avec des acteurs locaux de l’économie numérique. "Si la formation de base ne demande qu’un demi-jour, on peut aller vers des cycles de 2 à 3 jours afin de spécialiser les aidants, nous sommes actuellement en pleine expérimentation, les modules se coconstruisent au jour le jour", rapporte Pierre Lelong. À ce stade, seuls des fonctionnaires communaux en ont bénéficié mais l’intention est d’étendre le champ des publics cibles. Un projet qui n’a rien d’une utopie. Il faut compter en effet entre 30 et 40 euros d’investissement (pas plus) pour former un aidant !