Christophe dit être tombé accidentellement sur le gamin de 4 ans lors d’une crise d’asthme.

Lorsqu’elle s’enfuit du domicile conjugal pour se réfugier dans un foyer pour femmes battues de La Louvière, le 15 avril dernier, la maman du petit Corentin espère mettre fin aux violences dont ils sont victimes, elle et son fils. Leur bourreau, selon le parquet, n’est autre que son mari Christophe, un Manageois déjà condamné à 3 ans de prison avec sursis pour un viol en groupe.

L’homme a semble-t-il renoué avec ses vieux démons que sont l’alcool et la drogue. Et ce cocktail le rend particulièrement violent. "À son arrivée au foyer, le petit garçon de 4 ans était terrorisé", explique Me Mohymont, qui défend les intérêts de l’enfant devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Il a demandé si le bâtiment était muni d’une cave et a expliqué que son beau-papa lui mettait des claques et qu’il battait sa maman."

Suite à cet épisode, le petit Corentin a été placé chez la mère de Christophe par le parquet. Mais la compagne de l’intéressé, elle, a préféré retomber dans ses bras. "J’ai peur pour l’avenir de ce garçonnet", a ajouté Me Mohymont. D’ailleurs, lors d’une visite à son beau-fils, Christophe a de nouveau pété les plombs. Il a menacé sa femme et sa mère d’un couteau et a fait de même, une lame de rasoir entre les dents, avec les inspecteurs de police appelés à la rescousse.

Il s’est ensuite barricadé à l’étage et a pointé une carabine sur les policiers avant de s’enfuir. Ce "fort Chabrol", Christophe le reconnait. Mais il nie formellement les coups sur son beau-fils. "J’ai fait une crise d’asthme et je suis tombé sur lui en arrière. C’est sûrement ce qui explique les hématomes", a-t-il précisé, sans convaincre le parquet qui réclame 2 ans de prison ferme.

Me Lavend’homme , conseil du prévenu, s’est calqué sur les dénégations de son client, mettant même en doute les dires des assistantes sociales du foyer pour femmes battues. "Hier soir, le petit garçon m’a demandé quand je ferais sortir son papa de prison", a lancé l’avocat. "Ce n’est pas l’attitude d’un enfant craintif. Quelques jours avant, ce dernier avait été opéré des végétations. Et c’est mon client qui a financé les frais médicaux."

Pour la rébellion à l’égard des policiers et les faits de menace, Me Lavend’homme a plaidé le sursis probatoire. Jugement le 12 août.