Charleroi Les dysfonctionnements sexuels relèvent parfois d’un autre problème médical, souligne la Clinique de la Sexualité.


C’est sur le site de Saint-Joseph à Gilly qu’au mois de septembre dernier s’est créé la Clinique de la Sexualité. Avec plus d’un trimestre d’existence, le service géré par le médecin endocrinologue-diabétologue Marie-France Philippe et la sexologue clinicienne Charlotte Leemans tire ses premières conclusions. "Nous avons créé ce service en concertation avec l’ensemble des acteurs de la santé présents dans l’hôpital."

Pour permettre à chacun de pouvoir prendre un rendez-vous sans être stigmatisé, le service n’est clairement pas référencé comme tel. Pas de pancarte, la discrétion est le maître mot. Pour le docteur Marie-France Philippe : "Nous avons choisi de consulter sans que les patients puissent s’identifier dans la salle d’attente. Nous travaillons en deux temps. Premièrement, j’établis un bilan médical de la personne. En effet, des troubles de la sexualité peuvent être dus à des problèmes de santé comme le diabète ou même un cancer. Une dame qui vient de subir une ablation de la poitrine se pose peut-être des questions. Notre approche pluridisciplinaire permet aux patients d’être suivis au mieux, nous assurons la coordination entre les différentes spécialités comme la gynécologie, l’urologie, l’endocrinologie ou encore la psychiatrie. De cette manière, le patient est plus vite pris en charge et ne doit pas faire lui-même les démarches."

Après cette première rencontre, c’est au tour de Charlotte Leemans d’intervenir. Son domaine est plus basé sur le psychologique : "Je cherche à comprendre les dysfonctionnements et assister le couple dans la recherche d’une solution. Parfois nous sommes amenées à donner une autre vision de la vie de couple en faisant relativiser la fréquence hebdomadaire de rapports sexuels par exemple. L’éducation est elle-même très importante, si la majorité des gens peuvent décrire un pénis, beaucoup ne connaissent pas l’anatomie d’un clitoris."

Les deux sexologues défendent également le recours en cas de problèmes à des praticiens reconnus et compétents. Si tout le monde peut se prétendre sexologue, il est possible de consulter le site de la SSUB (Société des sexologues universitaires de Belgique) pour trouver son thérapeute.

Tolérance zéro contre les mutilations

Le 6 février est reconnu par l’ONU comme étant la Journée internationale de la tolérance Zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. À la clinique de la sexualité, on n’a pas rencontré de faits aussi graves que ceux dont s’occupe le docteur Denis Mukwege. Ce récent prix Nobel de la paix voue sa vie à "réparer" les femmes mutilées. Ces mutilations sont souvent dues à des croyances culturelles et consistent à une ablation des lèvres du sexe féminin mais aussi en une ablation, dans des conditions d’hygiène très dangereuses, du clitoris complet ou du gland de celui-ci. Un type d’excision assez répandu est l’excision culturelle. Cela ne consiste pas à intervenir de manière chirurgicale mais à maintenir une certaine ignorance sur la fonction du clitoris en tant qu’organe du plaisir féminin.

Même si elle n’est pas perçue comme telle, la circoncision peut, dans certains cas, être considérée comme une mutilation. Si cela résulte parfois de la culture, il existe aussi des raisons médicales comme des difficultés à décalotter le gland causant de fortes douleurs au patient.