Ceux qui se sont promenés du côté de Marchienne ne peuvent que remarquer les grands graffs colorés exposés aux regards sur les murs.

Ces expositions permanentes ne sont que la pointe de l'iceberg d'une culture underground dont Charleroi n'a clairement pas à rougir.

L'une des dernières performances de ces artistes se trouve dans la station de métro de Montignies-sur-Sambre sur la ligne M5 en attente de rénovation. "Nous avons voulu profiter des infrastructures pour réaliser une performance avec des crews invités pour l'occasion. BCP, NHR, PSK et 6TN ont investi les lieux pour y exercer leur art particulier. Ce sont des Writers, c'est-à-dire qu'ils sont spécialisés dans les lettres. En réalisant une œuvre uniforme nous espérons qu'elle sera conservée," explique Sébastiano Bongiovanni du collectif Indigen.

Même si la performance s'est déroulée en l'absence de toute autorisation, le carolo précise que c'est avant tout un art urbain qui est mis à l'honneur et non du vandalisme. "Nous cherchons à investir des lieux afin de proposer aux passants une autre vision. Charleroi est en bonne place dans le paysage du Street art. Nous avons des artistes de grande qualité qui ne demandent qu'à s'exprimer." Ce mode d'expression artistique est très présent dans notre région et des artistes de toute l'Europe n'hésitent pas à faire le déplacement pour couvrir les murs de la ville. A ce titre, une collaboration s'est faite entre les graffeurs et la TEC ce qui a donné des pilasses très colorées sous le métro à la rue de la Providence en face du Rockerill.

Avec seulement 2 spots d'expression pour la ville, Sébastiano espère toujours sensibiliser les pouvoirs publics à cette forme d'art qui, une fois bien encadrée, constitue une redynamisation des espaces oubliés ou laissés à l'abandon. Un projet itinérant est d'ailleurs sur les rails.