Huit ans de prison requis contre le boss du club de motards de Froidchapelle.

Drogue, armes, traite des êtres humains, prostitutions, viols de mineures : le panel criminel reproché à Patrice M., alias Johnny, est digne d’un chef de gang, d’un parrain de mafia comme on l’imagine au cinéma. "Mais la réalité est toute autre", explique le premier substitut Marlière devant le tribunal correctionnel de Charleroi où sont déférés les membres du MTC Joebar, un club de motards de Froidchapelle. "On a ici affaire à des Hell’s angels de pacotille. Ils sont d’ailleurs en lien avec le célèbre gang criminel et ont reproduit le même type de comportements à un niveau minable."

On est ici dans l’infra-monde. Leur club house n’était en fait qu’un hangar miteux infesté de rats. Mais Patrice M., le principal prévenu, n’en est pas moins dangereux. Selon le parquet, les Joebar exploitaient un café, un commerce de cuir et un atelier de mécanique sans autorisation.

Pis, plusieurs personnes faibles étaient exploitées. Certains étaient traités comme des esclaves par Johnny, qui prélevait leurs allocations à la source, les logeait dans une caravane sans fenêtre ou un cagibi crasseux et les obligeait à travailler pour lui sous prétexte qu’ils leur devaient de l’argent.

"Certains ont été obligés de voler de la mitraille. S’ils ne ramenaient pas 150 € par jour, ils étaient battus", ajoute le parquet. "Mais il y avait aussi de l’exploitation sexuelle. Des stripteases étaient organisés dans le club house où plusieurs femmes se prostituaient. L’une d’entre elle, déficiente mentale et femme du sergent d’armes, devait masser Patrice M. tous les jours et terminer par une fellation. Elle était aussi obligée à faire des passes pour moitié prix. Le but était de l’avilir."

Selon le Ministère public, Johnny n’était pas du tout un ange. Il était même attiré par les mineures puisqu’il se voit reprocher des viols, notamment sur deux jeunes filles de 14 ans. "Le père de l’une d’entre elles lui devait de l’argent et il a accepté de lui céder sa fille pour rembourser une partie de sa dette. C’est inimaginable", a conclu le ministère public, qui réclame huit ans de prison minimum contre le président des Froidchapelle’s angels et une peine sévère contre sa femme, considéré comme son "mauvais génie".

Pour les autres prévenus, qui sont également victimes du boss, le parquet n’a pas insisté. L’avocat du couple infernal a quant à lui plaidé des acquittements partiels pour les préventions les plus graves. Pour les armes, trouvées lors des perquisitions, il était difficile de nier…