Le mentor apporte un soutien moral et une meilleure compréhension du monde de l’entreprise.

En région de Charleroi, près d’un demandeur d’emploi sur cinq est âgé de moins de 25 ans.

Le Forem a mis en place des actions pour stimuler l’embauche de ces jeunes souvent en mal de qualifications. Parmi elles, le projet Mentor U qui monte en puissance en province de Hainaut. Porté par l’ASBL Pour la Solidarité qui l’a expérimenté sur Bruxelles, il s’appuie sur le concept du mécénat d’entreprise : concrètement, des travailleurs actifs (cadres, chefs d’entreprise, indépendants) se mettent bénévolement à l’écoute de jeunes de 18 à 24 ans ayant au maximum le certificat d’enseignement secondaire supérieur.

Des binômes se constituent : ses partenaires établissent ensemble un plan d’actions individuel, qui sert de référence pour évaluer l’état d’avancement des démarches d’insertion socioprofessionnelle et leurs résultats.

Plus qu’une aide technique sur l’élaboration d’un CV ou la préparation d’un entretien d’embauche, le mentor apporte un soutien moral, une meilleure compréhension du monde de l’entreprise, développe l’assertivité, le sens du dialogue, l’intelligence relationnelle. "Ce projet de parrainage mise sur l’engagement citoyen des entreprises, de la PME à la multinationale en passant par le service public", indique Marie Garbar, coordinatrice pour le Hainaut. L’accompagnement s’étale sur une durée de 6 mois, il demande un suivi constant, et l’engagement des deux parties. "Car tout se fait sur base volontaire, insiste-t-elle. On n’associe que des personnes qui sont prêtes à s’entendre et à collaborer. Si ça ne passe pas au premier contact, on abandonne et on recherche une autre parité."

La coordinatrice se charge du matching, soit la mise en relation du mentor et du jeune. Sur base de leur profil, de leurs affinités, de leurs tempéraments. On voit alors si ça colle.

L’ASBL demande à ses mentors d’organiser deux entretiens d’une durée d’une heure à une heure trente tous les mois. Les rencontres s’effectuent sur le lieu de travail, elles font l’objet d’un suivi en continu, dans un guide d’entretiens. Mentor U, ça marche.

Selon la ministre wallonne de la Formation, Eliane Tillieux, soixante-huit jeunes sont entrés en parrainage depuis le mois de janvier.

A ce jour, vingt-deux mentorats sont clôturés, l’expérience donne lieu à 94 % de sorties positives. "Une sortie positive, ce n’est pas seulement la conclusion d’un contrat de travail", indique la coordinatrice. "C’est aussi une reprise de formation, un stage en entreprise ou la création d’une activité. Dans le Hainaut subdivisé en quatre sous régions, 37 mentors sont actifs. Actuellement, quinze binômes sont constitués, trois autres sont en proposition."