Autant l’écrire d'emblée, cette explication osée de la part de Jean ne convainc absolument pas le parquet. Il faut dire que les traces de morsures découvertes sur le corps du petit Louis (prénom d'emprunt) étaient tellement importantes qu'on a pu relier la dentition du père de famille aux traces visibles de dents sur son fils.

En août dernier, la marraine du petit (âgé de 9 mois à l'époque) emmène son filleul en milieu hospitalier. Depuis le mois de mars, cette dernière est témoin de faits de maltraitances sur le jeune bébé. "À chaque fois qu'il criait, il recevait des coups", explique-t-elle lors de son audition. Comme le précise le parquet, le petit est couvert de bleu de la tête aux pieds. L'alerte est donnée par le personnel hospitalier à la police. Les autorités judiciaires s'emparent du dossier.

Des bleus parce qu'il fait ses dents

Jean et Christina, les jeunes "parents" du pauvre enfant, ne lui accordent que très peu d'importance. "L'enfant présente un retard de développement physique, non pas à cause d'un handicap lié au syndrome du bébé secoué, et je ne dis pas qu'il ne l'a pas été, mais parce que ses parents ne se sont pas assez occupés de lui. Il n'a pas été assez stimulé, mais plutôt livré à lui-même. Vous êtes de mauvais parents", lance le substitut Vervaeren en direction des deux prévenus. Eux, ce qu'ils préfèrent, c'est jouer à la PlayStation ou regarder des séries sur Netflix en laissant leur fils dans son parc.

Entendu sur les maltraitances causées sur son fils, Jean ne manque pas d'explication. D'après lui, les bleus s'expliquent par la poussée des dents du petit. Sans oublier les fameuses morsures, "pour jouer". Une peine de 3 ans de prison est requise contre Jean. Pour la mère, qui admet en fin d'audience "ne pas avoir réagi pour cesser ce comportement violent", c'est une peine d'un an de prison qui est sollicitée.

Pour les deux prévenus, le parquet ne s'oppose pas à un sursis probatoire. Mesure de faveur qui est sollicitée par Me Paridaens pour Jean. Christina, sans avocat, plaide une peine de travail. Jugement le 6 janvier.