Une simple balade dans le centre ville de Charleroi peut mettre en avant le nombre de cellules commerciales vides surtout du côté de la rue Neuve et de la rue de la Montage. Ces espaces vides ne donnent certainement pas la meilleure image d'une ville qui tente de faire revenir en son sein tant les commerçants que les clients.

C'est sur base de ce constat que le conseiller communal MR Nicolas Tzanetatos a interpellé Babette Jandrain, échevine du Commerces.

Pour l'élu libéral, "En avril 2020, on déplorait 107 cellules commerciales vides dans le centre-ville carolo, surtout dans la Rue Neuve et la Rue de la Montagne. Malgré les efforts consentis par la ville et la région, l’attractivité de notre ville peine à retrouver des couleurs. De plus, ces cellules vides sont souvent laissées à l’abandon ce qui détériore l’image des quartiers et ne donne pas envie à des investisseurs de s’y implanter."

Nicolas Tzanetatos poursuit en lançant des pistes "Afin d’apporter une solution à cette problématique, plusieurs villes de France et même de Belgique ont installé des vitrines trompes l’œil afin d’améliorer l’image de ces cellules vides. Ces vitrines donnent l’image de commerces vivants et permettent de susciter l’intérêt de potentiels investisseurs qui peuvent, de cette manière, se projeter plus facilement. De plus, dans les villes qui ont mis ce projet en place, l’expérience montre que les passants entrent plus facilement dans un commerce entouré d'autres commerces, même "faux"."

En réponse, Babette Jandrain reconnaît volontiers que ces cellules vides "nuisent effectivement à l’esthétique des rues commerçantes et donnent une image négative des lieux." La piste de créer des vitrines trompe l'œil peut être exploitée mais a ses limites. "En effet, ces techniques ont été utilisées de façon soutenue à Charleroi au début des années 2000, notamment rue Neuve à la Ville Haute. Et cette expérience nous en a montré les limites. La démarche apporte un plus visuel et une amélioration de l’environnement à la condition que les vitrines concernées soient largement minoritaires dans l’espace et se situent dans un environnement majoritairement commercial. La multiplication de cellules vides même bien décorées a un impact contre-productif sur la perception des chalands. La rue commerçante ne doit pas devenir une galerie d’art. Ces constats sont issus des enquêtes chalands/satisfaction de l’outil de gestion des centres-villes de la Wallonie. Il ne s’agit donc pas d’une solution miracle."

Le désir d'apposer une affiche "à vendre" ou "à louer" dénaturerait l'initiative. D’autres solutions pourraient aussi être envisagées, comme les vitrines d’exposition pour d’autres commerces, mais doivent être utilisées avec les mêmes réserves. "La question des cellules commerciales vides doit également s’envisager de manière plus globale. Contrer le vide locatif qui touche toute les villes wallonnes nécessite un panel d’outils cohérent. Dans ce cadre, une réflexion a été entamée avec mes collègues ainsi qu’avec le Bureau du Commerce et l’ASBL Charleroi Centre-Ville. Notre volonté est d’aboutir à des solutions dans le courant de cette année," conclut l'échevine.