Au moment de comparaître ce jeudi après-midi devant le tribunal correctionnel de Charleroi, Jeremy semble avoir beaucoup de mal à assumer les faits qui lui sont reprochés. On parle ici d'une détention d'images pédopornographiques stockées sur un disque dur externe, mais aussi la diffusion de six d'entre elles sur internet. Le trentenaire, père d'un jeune garçon, reconnaît aisément la détention de ces images, mais pas en être le diffuseur. Et selon Jeremy, les images auraient été téléchargées par accident en cliquant sur des sous-sites. « Je consultais des sites pornographiques et j'ai cliqué sur des sous-sites. Vous savez, j'ai toujours été du genre à me mêler des affaires qui ne me regardent pas », admet le prévenu.

Lorsque les policiers perquisitionnent le domicile conjugal de Fleurus, c'est parce qu'ils sont parvenus à identifier l'utilisateur de l'abonnement internet ayant permis la diffusion de six images sur le Net, avec une adresse IP. La compagne du prévenu, titulaire de l'abonnement, admet d'ailleurs avoir constaté que son homme consultait ce type de fichiers, notamment des images montrant des allaitements maternels.

Selon le substitut Vervaeren, le comportement du prévenu est un drôle de concept. « À l'entendre, il tombe par accident sur des sites pédopornographiques en consultant des sites pornographiques et télécharge les images, mais pas pour les regarder. C'est un concept. » Le magistrat ne s'oppose pas à octroyer un sursis probatoire à Jeremy, avec des pincettes. « Il veut bien effectuer tous les suivis, du moment qu'il sort de prison. Il ne comprend pas ce qu'il a fait de mal. C'est de la faute d'internet, de la présence de ses sites. Pas de son attirance pour les enfants. » Pour bien faire comprendre la gravité des faits au prévenu, le parquet sollicite tout de même une peine de 40 mois de prison.

Me Colin, à la défense, plaide également un sursis probatoire en se basant sur les recommandations émises par l'expertise psychiatrique. Jugement le 23 juin.