La jeune Flavia (prénom d'emprunt) n'avait aucun souvenir de la soirée du 3 avril 2017. Certes, cette dernière se souvenait de s'être rendu dans un bar carolo, d'y avoir bu deux verres, puis plus rien... Le trou noir le plus total. Le lendemain, Flavia s'est réveillée à son domicile sans culotte, sans GSM et avec la gueule de bois.

Quatre mois plus tard, c'est grâce à l'existence de deux vidéos que la jeune femme a découvert le pire: elle a été violée par Emilien. Et grâce aussi à l'intervention de l'ex-compagne d'Emilien. Cette dernière a informé la victime après avoir reçu les deux vidéos envoyés par son ex après la rupture et après avoir recherché son identité sur les réseaux sociaux. « Il avait offert le GSM de sa victime, qui était resté à son domicile, à sa compagne de l'époque. Après la séparation, il lui a envoyé un message: « ton téléphone, bébé », suivi des deux vidéos. C'est comme ça qu'elle a fait le lien entre le GSM offert et les vidéos », précisait Me Jean-Philippe Mayence, partie civile.

Pour le parquet et la partie civile, il était clair que la jeune femme avait été sexuellement abusée. Comme le prouvaient les deux vidéos... Émilien, lui, niait farouchement ne pas avoir obtenu le consentement de Flavia et ne remettait nullement son comportement déviant en question. « Si elle avait vraiment voulu que j'arrête, je pense qu'elle se serait rhabillée et elle serait partie. Vous savez, parfois quand on dit non, ça ne veut pas toujours dire ça. » Effarant...

Une peine de 5 ans de prison avait été sollicitée par le substitut Brichet contre le prévenu. La défense, via Me Fabian Lauvaux, avait plaidé un acquittement, en vain, en égratignant l'attitude du ministère public et de l'ex-compagne envers son client, tout comme l'enquête menée de manière catastrophique. Ce mercredi matin, Emilien a écopé de 4 ans de prison avec un sursis simple partiel de 5 ans pour la moitié de la peine.