Charleroi Le parquet poursuit l’agent immobilier pour escroquerie, abus de confiance et faux.

Olivier Rossato est un agent immobilier bien connu dans la région de Charleroi et au-delà. Il inondait les journaux et toutes-boîtes de publicités, dépensant jusqu’à 10 millions d’euros (selon ses dires) pour vendre ses biens "sans affiche". L’homme n’a jamais caché son côté "bling-bling", ce qui, dit-il, a sans doute causé des jalousies.

En 2014, l’IPI (L’Institut professionnel des agents immobiliers) a décidé de le radier de la profession à la suite de diverses irrégularités qu’il a toujours contestées. Il était question de garanties déposées par les acheteurs et conservées pour des motifs indus.

Selon la substitut Guisset, Olivier Rossato aurait répété ce mécanisme après sa radiation. Plusieurs parties civiles se sont d’ailleurs constituées ce mardi. "Lors de la vente d’un chalet, il s’est présenté comme le gérant de la société, alors qu’il utilisait le nom de sa compagne et le numéro d’agrément d’un autre agent. Il a exigé 1.000 euros en cash comme acompte, avant de demander des garanties indues de 7.000 et 5.000 euros. L’un des vendeurs étant décédé, la transaction a été annulée. Mais l’acheteur n’a jamais récupéré ses 13.000 euros", explique le conseil de la partie civile.

Une autre partie civile évoque un procédé similaire. Un bien, séparé en deux appartements, a été mis en vente, et le prévenu aurait réclamé des garanties de 10.500 et 11.000 euros aux acheteurs. Sauf que l’immeuble avait été divisé sans permis et la vente annulée. Les acheteurs n’ont pas revu leur argent.

Pour le parquet, le système mis en place par Olivier Rossato était une escroquerie. Sa comptabilité était dans un désordre absolu. Au terme de son réquisitoire, le parquet a requis deux ans de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer le métier d’agent. Olivier Rossato, lui, nie formellement les faits. Ses avocats prendront la parole le 13 février.

Réaction d'Olivier Rossato: "l'IPI veut ma peau"

"Je conteste formellement tout ce qu’on me reproche. Tout ça, c’est manigancé par l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI). Vous savez, en quelques années, je suis devenu l’un des agents les plus importants du pays. Je faisais plus de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et mon objectif était de devenir le numéro un. Je suis devenu gênant et clairement, on fait tout pour avoir ma peau. Or, j’ai conclu des milliers de ventes sans jamais avoir de problèmes. Je suis toujours dans la place et je vends toujours des biens, comme employé, et les gens me font toujours confiance. Ici, l’avocat de la partie civile raconte n’importe quoi. On dirait qu’il se fait la voix de l’IPI. J’ai l’impression qu’on a monté une cabale contre moi et je ne peux pas accepter ces mensonges."