Alcooliques et au fond du gouffre, Hamid et Florence, deux Français, ont mené toute une série de vols dans des supermarchés Colruyts de la région. On leur reproche deux vols en particulier, un en 2016 à Anderlues, l'autre en 2019 à Charleroi : des bouteilles d'alcool, à chaque fois. "Pas pour les revendre, c'était pour les consommer", précise Hamid. "J'étais à la rue, je sais que c'était pas une solution mais c'était comme ça que je me débrouillais, je vivais dans ma voiture..."

Lui n'en est pas à sa première condamnation, elle est inconnue de la justice - belge en tous cas. Ils se défendent tous les deux seuls, sans avocat. "Je n'ai pas les moyens", reconnaît Florence. 

S'ils sont devant le tribunal, c'est surtout parce que quand Hamid a été surpris en flagrant délit, il a essayé de fuir, il aurait mis un coup de poing au garde du Colruyt et, d'après le ministère public, il a fallu le maîtriser au sol tellement il était agressif et dans un état second. Hamid minimise clairement, niant toute violence et semblant plus inquiété par son sommeil (il s'est endormi dans la salle d'audience en attendant que son dossier soit abordé par le juge) et par sa capacité à aller en vacances au Maroc s'il obtient le sursis probatoire qu'il demande, que par le jugement à proprement parler. 

Florence, elle, devrait s'en sortir avec une suspension du prononcé, une des mesures les plus favorables: il faut dire qu'elle jure ne plus avoir de contact avec Hamid depuis cette dernière scène en 2019, et on lui reproche d'avoir seulement "participé" au vol d'Hamid, en cachant quelques bouteilles dans son sac à main. "Je savais très bien ce qu'on était venu faire sur place", reconnaît-elle tout de même. "J'ai accepté de cacher les bouteilles dans mon sac, ça ne s'est plus reproduit depuis."

Jugement le 27 mai.