Les sapeurs ont toujours nié avoir abusé d’une collègue dont les déclarations étaient assez confuses

CHARLEROI Chaque année, les pompiers font du porte-à-porte pour récolter un peu d’argent. À la caserne de Fleurus, on ne déroge pas à cette tradition. Pierre et Michel (tous les prénoms sont d’emprunt), sapeurs volontaires, démarchaient donc les citoyens, ce matin du 17 février 2007.

Vers 10 h, ils avaient fait une pause chez un collègue et bu quelques pousse-cafés. Marie, également pompier volontaire, a elle aussi englouti plusieurs verres, ce qui l’a rendue malade au point de vomir. Et c’est là que les versions divergent.

Pierre aurait abusé d’elle alors qu’elle était affalée dans le divan. Un peu plus tard, ce serait Michel qui l’aurait à son tour violée. Et ce n’est que le soir même qu’elle a déposé plainte.

Les deux pompiers, eux, se sont rendus spontanément à la police. Pierre a aussitôt avoué avoir eu une relation sexuelle avec Marie, mais tout à fait consentie. “Elle venait de vomir et je lui avais donné un seau”, a expliqué ce dernier à l’audience du tribunal correctionnel. “Elle m’a dit deux fois : “Prends-moi” et j’ai fini par craquer. Je savais qu’elle était lesbienne, mais elle avait déjà eu des relations avec d’autres collègues.”

Michel, lui, a toujours nié en bloc. “Elle m’a aguiché aussi, mais je suis fidèle à ma compagne et j’ai refusé”, a-t-il précisé. Le parquet s’était rallié à la demande d’acquittement des pompiers, faute de preuves. Aucune lésion n’a été constatée aux organes génitaux. Et si l’ADN de Pierre a bien été retrouvé, celui de Michel était absent, lui qui a nié tout rapport sexuel.

Ce mardi, le tribunal a rétabli l’honneur des pompiers fleurusiens en les acquittant tous les deux. La présidente Evaldre a relevé les déclarations précises et concordantes des prévenus, contrairement aux propos confus et contradictoires de la partie civile.



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