Le 6 octobre 2016, Dimitri, ouvrier en démolition, a été condamné à 18 mois de prison pour avoir frappé un policier dans le cadre de festivités. Mais le quadragénaire avait marqué son accord pour obtenir un sursis probatoire de 3 ans. Pour respecter l’accord passé avec le tribunal correctionnel, Dimitri devait respecter plusieurs conditions, dont suivre une formation pour la gestion de la violence et répondre aux convocations de son assistant de justice…

Quatre ans plus tard, Dimitri se retrouve, de nouveau, sur le banc des prévenus. Les différents rapports sont accablants. Dimitri n’a pas respecté ses conditions durant les trois ans d’épreuve. Et, très honnêtement, Dimitri ne fuit pas ses responsabilités et admet avoir lâché "un peu l’affaire". "Je n’ai pas su me rendre aux rendez-vous à quelques reprises, car j’étais trop pris par le boulot. Pour la formation contre la violence, ils m’ont dit que je n’entrais pas dans le programme."

Pour le substitut Bouilliez, Dimitri n’a jamais montré la moindre bonne volonté à respecter les conditions probatoires. "On lui a fixé des rendez-vous en début de soirée pour lui permettre d’être présent après le boulot. Mais il donnait une réponse, une fois sur cinq." Pour la formation de la gestion de la violence, l’explication est également toute trouvée. Pour suivre la formation, il faut reconnaître les faits. Dimitri, lui, conteste depuis le début avoir porté des coups à un policier. Il est donc difficile d’envisager une remise en question de son comportement, pourtant essentielle pour cette formation.

Le substitut Bouilliez boucle le dossier en signalant l’existence d’un dossier ouvert pour une bagarre où Dimitri serait impliqué. "Il faut arrêter de plaisanter ! C’est trop tard, maintenant." La révocation du sursis probatoire est requise. Dimitri risque donc d’être condamné à 18 mois de prison ferme.

Jugement pour le 19 novembre prochain.