Charleroi

Une reconstitution a eu lieu ce jeudi à la rue Pierre-Joseph Lecomte à Dampremy dans le cadre de la disparition d’Eset, alias Assia Oziyeva, portée disparue depuis le 29 septembre 2012.

C’est au n°48 de la rue Lecomte à Dampremy qu’une famille tchétchène de sept enfants vivait en vase clos depuis 2012. Selon le parquet de Charleroi, le père y faisait régner la terreur et n’hésitait pas à recourir à la violence pour imposer ses règles patriarcales.

Arrivée en 2006 en Belgique, la famille s’était tout d’abord installée à Tournai avant de venir s’installer en terre carolo en août 2012. La thèse d’une fugue a longtemps été évoquée, Eset (se faisant appeler Assia) avait l’habitude de fuir le domicile familial. Mais cette thèse a été mise de côté par les autorités judiciaires en mars 2017. L’une des sœurs d’Assia Oziyeva s’est présentée à la police pour dénoncer les viols dont elle serait la victime de la part de son père. La jeune fille a également expliqué que son aînée avait disparu depuis plusieurs années et que son père l'avait tuée.

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À la suite de ces déclarations, les enquêteurs avaient fouillé la maison de la famille tchétchène composée de 6 enfants à la rue Pierre-Joseph Lecomte. "Des éléments matériels sont venus confirmer la théorie d’une séquestration suivie d’un meurtre", signalait Vincent Fiasse, procureur du Roi de division à l’époque. Dans la cave, une cuve qui a pu servir de cache pour y séquestrer Assia a été découverte. Interrogée, la mère a déclaré avoir vu sa fille pour la dernière fois "inanimée dans un sac", confortant la thèse d’une séquestration suivie d’un meurtre selon le parquet de Charleroi.

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Le père, Amerkhan O., décrit comme un homme tout à fait normal et sympathique par le voisinage, avait été placé sous mandat d’arrêt pour viols et meurtre sur sa fille. La mère de famille avait également été inculpée de non-assistance à personne en danger, mais elle avait été libérée quelques mois plus tard sous conditions. Depuis lors, c’est le mystère le plus total sur le sort et l’état de santé de la jeune Assia. Son père a toujours nié les faits.

Ce jeudi, plusieurs équipes de la police de Charleroi ont procédé à la fermeture de la rue Pierre-Joseph Lecomte pour permettre le bon déroulement de la reconstitution, qui a débuté sur le coup de 9h et qui est prévue pour toute la journée. Sept ans après la disparition d’Assia Oziyeva, cette procédure pourrait permettre d’enfin faire la lumière sur les faits qui ont été commis sur Assia Oziyeva.

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