Le derby entre l’Olympic et Châtelet promet d’être explosif ce samedi. Le premier a besoin d’un point pour s’assurer du titre alors que le second veut assurer au plus vite son arrivée en D2 amateurs.

L'attaque: Deux styles différents

Difficile de trouver le bon interlocuteur pour parler des armes offensives des deux formations. Toni Brogno, ancien joueur de l’Olympic et actuel entraîneur des attaquants de Châtelet, s’est plié au jeu. Droit dans ses bottes, l’homme est très bien placé pour analyser les avants de chaque clan. "On a deux styles différents", lance l’ancien buteur de Westerlo. "Les Dogues évoluent avec deux attaquants. Jatta joue parfaitement les pivots, alors que Sonkey tourne autour et peut s’appuyer sur sa rapidité. Ces deux-là ont déjà planté de nombreux buts, depuis le début de saison. Chez nous, on a Greg Bilstein, en pointe. Il a déjà prouvé son efficacité. On procède avec des ailiers qui apportent de la vitesse, comme Salime, Hellas ou encore Vanderbecq. Il y a également David Bulfon. C’est différent de l’Olympic. Mais je pense que les deux clubs possèdent des armes pour faire la différence." Avec 46 buts pour l’Olympic contre 43 pour Châtelet, les deux formations devraient faire trembler les filets, ce samedi.


Le milieu: Deux grosses absences

Châtelet devra s’aligner sans deux éléments importants dans le milieu du jeu. Steve Verelst, le maître à jouer, est blessé. Samir Derraz, l’expérimenté capitaine, est, lui, suspendu. "Les Loups vont devoir composer sans deux joueurs précieux dans l’axe du jeu", insiste Manu Castronovo, le capitaine du RCCF. "Vereslt est habile avec un ballon et il donne très bien les phases arrêtées. Derraz, lui, est un travailleur. Je connais moins bien Meunier. Mais il met de la taille et de la force dans les duels. Il faudra voir sur qui va miser Fred Stilmant. Hellas peut être une solution. C’est un magicien. Sur les côtés, cela peut également aller très vite avec Vanderbecq et Salime. Le premier devrait évoluer beaucoup plus haut qu’en promotion." De son côté, l’Olympic peut également s’appuyer sur un solide milieu de terrain. "Gilles Lesage, il est posé et intelligent. Kalincik est plus fou-fou. Ce n’est peut-être pas le meilleur balle au pied, mais il compense avec une énorme envie qui lui permet de récupérer de nombreux ballons. Juste devant, le grand Khaida est impressionnant. Il joue en deux ou trois touches. Il marque également. Giorlando est jeune, mais très intéressant. Fievet, c’est tout ou rien. Cela dépend de son état de forme. Mais sur un coup franc, il peut faire la différence."


La défense: Sans Mucci, c’est 50-50

Si Fred Stilmant et Tibor Balog apprécient leurs défenseurs, ils aimeraient sans doute également ceux de l’équipe adverse. Il faut dire que l’Olympic et Châtelet possèdent sans doute les meilleurs guerriers de toute la série. Pour départager ce secteur du jeu, Kevin Terwagne est un observateur de choix. L’expérimenté défenseur central de Waterloo (ex-Olympic et ex-Heppignies-Lambusart) connaît très bien les deux équipes. "J’ai joué avec tous les défenseurs de Châtelet", insiste l’homme qui était en train d’effectuer son jogging au moment de répondre à nos questions. " La grosse perte pour les Loups , c’est l’absence de Mucci. Il ne fait pas beaucoup de bruit, mais son calme et son intelligence de jeu sont précieux. Sur le flanc, à droite notamment, Castellana est très fort. Il est solide derrière et dangereux devant. À l’Olympic, malgré le départ de N’Diaye, Durieux est vraiment costaud. Barry est également très bon. Il y a un peu moins d’expérience sur les flancs, même si Buyuktopac et Lella sont, bien entendu, très utiles. Avec Mucci, j’aurais donné l’avantage à Châtelet. Sans lui, c’est du 50/50. Il devrait vraiment y avoir du spectacle entre deux équipes qui se connaissent bien."


Les gardiens: Avantage à la jeunesse et aux chiffres

C’est une certitude, l’Olympic et Châtelet possèdent deux des meilleurs portiers de la série. D’un côté, il y a la jeunesse et la fougue de Tanguy Moriconi. De l’autre, l’expérience et la rage de vaincre de Renato Aromatario. Mais dans les chiffres, cela pèse dans la balance du portier des Dogues. Ce dernier, avec l’aide du bloc de Charleroi, est le dernier rempart le plus efficace de la série. Excellent au pied, il est la base des actions des hommes de Tibor Balog. Aussi à l’aise du gauche que du droit, le jeune homme a souvent démontré ses qualités. Aromatario est, lui, un leader. S’il a encaissé plus que son opposant, il a également été précieux à de nombreuses reprises, cette saison. "On est en présence de deux excellents gardiens", insiste Adrien Faidherbe, ancien portier du Sporting et actuellement à Rebecq. "Mais la différence de buts plaide pour Moriconi. Il est plus acrobatique. Il résiste à la pression et il est d’une précision rare. Aromatario est très bon sur sa ligne. Il est quand même parfois en difficulté sur les ballons aériens. Mais il dispose également d’une grosse force physique. Mais, pour l’âge et les statistiques, je voterais toutefois pour Moriconi."


Le commentaire de l'expert : Un derby qui sent la poudre

Le derby de ce samedi pourrait marquer l’histoire de l’Olympic et de Châtelet. Avant le coup d’envoi de la saison, les deux clubs espéraient secrètement s’affronter pour le titre ou une montée en Division 2 amateurs, à cette période-ci de l’année. Les Dogues n’ont besoin que d’un petit point afin de pouvoir célébrer le titre à la maison, devant leur spectateur. Mais le voisin ne peut pas laisser filer la moindre unité afin d’assurer sa deuxième place, devant Duffel et donc son avenir un échelon plus haut. À la Neuville, la sécurité est renforcée. Les dirigeants attendent entre 2.000 et 3.000 personnes. Entre les Dogues et les Loups , les crocs sont affûtés. Il y a de la revanche dans l’air, après un match aller qui a fait couler beaucoup d’encre. Pour rappel, Châtelet était parvenu à mener au score, après quinze minutes incroyables. Mais, au fil du match, les visités avaient perdu de leur superbe, mais également deux joueurs. L’arbitre avait vu rouge face à Mucci et Castellana. Entre-temps, l’Olympic avait trouvé les ressources pour planter deux buts, dont un à la limite (ou pas) du hors-jeu. Dans les arrêts de jeu, Châtelet avait obtenu un penalty pour égaliser. Mais Moriconi était parvenu à détourner l’envoi de Bilstein. Le décor est planté. Pour préfacer cette rencontre, l’occasion était belle de jeter un œil sur les forces en présence.