Jeudi, les jurés ont estimé que seuls Gheorghita Balan et Marin Filimon étaient entrés dans la maison des victimes, rouées de coups de manière violente à la tête. Ils sont co-auteurs d'un vol avec violence, avec plusieurs circonstances aggravantes, dont celle d'avoir commis un double meurtre. L'intention de tuer est établie compte tenu de la nature des coups portés, à la tête, avec force.

Resté dans la voiture, Aurel Nichiforean est considéré comme co-auteur du vol avec violence, mais il est acquitté des meurtres.

Marin Filimon et Aurel Nichiforean sont aussi coupables d'une tentative de vol qui a eu lieu à Gozée le 30 janvier 2017.

Filimon est coupable d'avoir détenu 10 munitions de calibre 16, le 29 avril 2017 à Charleroi.

Nichioforean est coupable d'avoir utilisé une fausse identité, Catalin Micea, un nom qu'il a porté publiquement alors qu'il ne lui appartenait pas.

Vendredi, lors du débat sur la peine, Isabelle Algoet a requis la peine de réclusion criminelle à perpétuité contre Gheorghita Balan (25 ans minimum) et Marin Filimon. Une peine de 30 ans est réclamée contre Aurel Nichiforean.

Gheorghita Balan est boxeur et il n'a pas hésité à faire usage de ses poings pour frapper Michel Masuy, sous les yeux de sa petite-fille âgée de trois ans. Il a aussi des antécédents judiciaires en Italie et en Belgique pour des vols. Après son incarcération, il a été l'auteur de divers incidents : vol du câble après le test polygraphe, menaces, détention de drogue en prison. "Lors de ses comparutions devant la chambre des mises en accusation, il était très nerveux. Hier, il a demandé pardon aux victimes, il est descendu dans les tours. Cela peut être considéré comme une circonstance atténuante."

L'accusé a eu une enfance difficile en Roumanie. "Michel Masuy n'a pas connu son papa non plus, Nicole Paternoster a perdu sa maman à l'âge de six ans."

Gheorghita Balan a été présenté par les experts comme une personnalité antisociale, avec des traits modérés. Une marge de progression est possible chez celui qui n'a jamais cessé de réclamer sa remise en liberté, considérant que l'enquête n'avançait pas.

Filimon a été qualifié de "voleur congénital", à l'origine des faits. Lui n'a pas eu une enfance difficile, se vantant d'être le seul de sa famille à avoir des problèmes avec la justice. "Cela fait 44 ans qu'il vole." Il a été condamné en Belgique, en Roumanie et en Grèce pour des vols. Il consommait aussi beaucoup d'héroïne et avait organisé un trafic de stupéfiants au sein de la prison de Nivelles. Selon les experts psy, il a un véritable trouble de la personnalité antisociale, incapable de respecter les normes.

Enfin, Aurel Nichiforean estime avoir eu une vie normale, ce qui choque l'avocate générale. "Au niveau du casier judiciaire, c'est le champion toutes catégories, la Roumanie l'a condamné 12 fois et réclame son extradition, l'Italie cinq fois, la France une fois et l'Allemagne aussi." Il a des traits marqués de personnalité antisociale, opportuniste et est accro aux drogues dures. 

La défense plaide des circonstances atténuantes

Me Ornella Ciccarone a raconté l'enfance désastreuse de son client, Gheorghita Balan, en Roumanie. Abandonné dans une boîte à bébé alors que son pays était le théâtre d'une révolution, élevé dans une institution, aidé par ses grands-parents, "il a lui-même qualifié sa vie de vie de chien, il rêvait simplement d'être électricien, d'avoir le permis de conduire". Pour la défense, c'est une circonstance atténuante.

Me Fabian Lauvaux a plaidé une peine de quinze ans de réclusion criminelle. "Il ne faut pas faire de lui un enragé", a déclaré le pénaliste.

Gheorghita Balan encourt une peine comprise entre 25 ans de réclusion criminelle et la perpétuité pour un vol avec violence, avec plusieurs circonstances aggravantes dont celle d'avoir tué Michel Masuy et Nicole Paternoster à Goutroux. Il a formulé des aveux partiels lors du procès, lesquels ont été pris en compte dans la motivation du jury. Pour ses avocats, c'est aussi une circonstance atténuante et le début d'un amendement.

Les avocats de Marin Filimon, qui encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité, ont relevé des circonstances atténuantes en faveur de leur client. La première est son état de santé, liée à sa consommation d'héroïne. Ils ont plaidé une peine de 15 ans de réclusion criminelle pour celui qui est coupable d'un vol avec violence à Goutroux avec meurtres, d'une tentative de vol à Gozée et de détention de munitions.

Me Abdelhadi Amrani a contesté le réquisitoire du ministère public, lequel a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle, avec éventuellement cinq ans de plus pour la fausse identité, contre Aurel Nichiforean. L'avocat a plaidé des circonstances atténuantes, et une peine comprise entre 10 et 15 ans, rappelant que lui avait eu la chance de monter dans l'ascenseur social, contrairement à son client. Me De Quévy a présenté Aurel Nichiforean comme "l'homme de confiance du directeur de la prison de Mons", un détenu qui n'a eu aucune sanction disciplinaire.

Aurel Nichiforean est coupable d'un vol avec violence, mais acquitté des meurtres. Il est aussi coupable d'une tentative de vol et d'avoir fait usage d'une fausse identité.

Le jury et la cour sont partis débattre en collège sur la peine à infliger aux trois Roumains.