Charleroi Un subside à la Sambrienne pour remettre 300 à 400 logements en conformité.

À Charleroi, l’héritage de la fusion des anciennes sociétés publiques de logement était empoisonné : la Sambrienne a en effet reçu en dot des centaines d’inoccupés non louables, en raison de leur vétusté ou de leur dangerosité. Un patrimoine qui pèse sur ses finances et ses projets, et qui ne manque pas d’alimenter les critiques de l’opposition, essentiellement le PTB.

Pour booster la remise en conformité de ces biens insalubres ou insécurisants, le gouvernement wallon a octroyé l’an dernier à la société carolo un subside de 12 millions d’euros, dont 3 financés en fonds propres. "Le programme de reconditionnement est en cours", indique le directeur immobilier Fabrice Jacqmin. Des dizaines d’habitations vides vont pouvoir revenir dans le circuit locatif.

À Charleroi Nord , la rénovation de la résidence Harmegnies a déjà permis la réattribution de 71 appartements sur 213. L’opération qui s’effectue dans le cadre du programme Pivert 2 de la Wallonie se poursuivra encore un an, jusqu’à la mi 2020 : 142 autres logements seront retapés.

Par la suite, la Sambrienne entend porter ses efforts sur des maisons individuelles. L’objectif de Pivert 2, c’est l’augmentation des performances énergétiques et l’amélioration de la sécurité et de la salubrité : modernisation de l’électricité, isolation des toitures et des murs de façade, renouvellement du chauffage, mise en conformité des sas d’entrée, remplacement des sanitaires, rénovation des châssis. En Wallonie, l’habitabilité d’un logement est définie par des critères : superficie, ventilation, éclairage naturel, fonctionnalité des installations électriques et au gaz, absence d’infiltration d’eau, équipements sanitaires et de chauffage adaptés.

La Sambrienne suit quotidiennement l’état de son patrimoine. Quand un bien n’offre pas des conditions de vie décente ou présente un danger pour les locataires, il ne peut être loué. Son retour prend parfois plusieurs années compte tenu de la durée des procédures et des difficultés de financement du secteur. Le coût moyen de rénovation oscille entre 20 et 40 000 euros par unité d’habitation, ce qui est important en termes d’investissement. La société estime ainsi son besoin financier à 16 millions d’euros chaque année pour une rénovation complète de son parc.

Ces 12 millions d’euros annoncés constituent une réelle bouffée d’oxygène, permettant de réduire le nombre d’inoccupés. À raison d’une moyenne de 30 000 euros, quelque 400 biens pourraient en bénéficier.