Une mère de famille a tué deux de ses enfants, le troisième est dans un état critique. La jeune femme a tenté ensuite de se suicider.

Le quartier de la rue du Jeu de Balle à Hantes-Wihéries, dans la commune d’Erquelinnes (sud du Hainaut) est sous le choc. Un double infanticide a été commis ce mardi en fin de journée. "J’en ai les jambes coupées. Je n’arrive pas à croire que les enfants ne soient plus là", témoigne une connaissance de la famille.

Julie L., une mère de famille, a commis l’irréparable en tuant deux de ses enfants, Cérès, âgée de 7 ans, et Orphée, 22 mois. Un troisième enfant, Thibald, âgé de 9 ans, a été transporté d’urgence en milieu hospitalier et se trouvait dans un état critique. Ce n'est plus le cas désormais selon le bourgmestre de la commune. Sur Bel RTL, David Lavaux a donné des nouvelles du troisième enfant: "Son état est stabilisé, a-t-il expliqué. Il est toujours aux urgences pédiatriques mais ses jours ne sont plus en danger." Selon les premières informations, la mère de famille aurait tailladé les veines des jeunes enfants.

Lors d'un point presse ce mercredi matin, Sandrine Vairon a donné un peu plus de précisions. Le procureur de division de Charleroi, a expliqué que l’état de la maman s’était stabilisé après son opération, mais son état reste préoccupant. Julie L. s’était ouvert les veines et sera entendue dès aujourd’hui. Au niveau des circonstances, le plus jeune enfant a été noyé tandis que les deux autres avaient des plaies au niveau des cervicales. Des analyses toxicologiques ont été demandées afin de savoir s’ils étaient conscients au moment des faits. Une autopsie sera pratiquée ce mercredi soir

À la suite de son geste, Julie a également tenté de mettre fin à ses jours en ingurgitant des médicaments. Elle a été prise en charge par les secours et se trouvait, elle aussi, dans un état critique.

C’est le mari et père de famille, en rentrant du travail, qui a découvert le drame et alerté les secours.

David Lavaux, bourgmestre d’Erquelinnes (IC), s’est immédiatement rendu sur place. Le mayeur, qui connaît la famille, est très touché. Selon lui, deux événements ont chamboulé la vie de la mère. "Elle a été contrainte d’avorter d’un bébé et le confinement lui a causé du tort, comme à beaucoup d’autres personnes. Elle ne sortait plus et les enfants n’étaient pas retournés à l’école. On ne s’attend pas à tout ça, surtout ici."

D’après les témoignages recueillis sur place, la mère montrait des signes de mal-être, mais rien ne laissait présager un tel drame. "Elle n’était pas bien, notamment à cause d’un avortement, mais elle aimait tellement ses enfants. Surtout le dernier."

Institutrice, Julie L. a travaillé dans de nombreuses écoles communales. À la suite de la naissance du petit dernier, elle ne travaillait plus et s’occupait principalement de ses enfants.

Selon le bourgmestre, la mère de famille ne travaillait plus et a mal supporté le confinement. Cette dernière a également été contrainte de mettre un terme à une grossesse. "Elle ne sortait plus et ses enfants n'étaient pas retournés à l'école. Mais rien ne laissait présager ça. Elle était fusionnelle avec ses enfants, en particulier avec le dernier."

Dans le quartier, l'émotion est vive. "Elle n'allait pas bien mais elle aimait tellement ses enfants. Je n'arrive pas à y croire, j'en ai les jambes coupées", a confié une voisine.


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