Jusqu’à cinq ans de prison pour les neuf trafiquants de drogue.

En septembre 2014, la police judiciaire de Charleroi recevait des infos sur deux réseaux actifs sur toute la Belgique. Le 1er était dirigé par Saïd et Abdelatif et permettait de ramener plusieurs dizaines de kilos de cannabis du Maroc.

Ils écoulaient ensuite leur marchandise sur Charleroi, Louvain et Liège pour rapatrier ensuite leurs bénéfices en Afrique du Nord.

Selon le parquet, ceux-ci s’élevaient à 7.000 € par semaine. Pour se fournir en cannabis, ces deux-là s’adressaient à Jamal et Karim qui disposaient d’une véritable filière leur permettant de ramener 40 à 50 kilos par semaine.

Pour assurer leur trafic, ils ont corrompu des policiers au Maroc, payé des mules et logé des relais dans un appartement en Espagne en les rétribuant 2.000 € par mois. Ils amenaient la drogue en Belgique grâce à l’agence de voyages des parents de Jamal, en cachant le cannabis dans les autocars.

"Grâce aux écoutes téléphoniques, on sait qu’ils devaient parfois 100.000 € à leurs fournisseurs. C’est dire l’ampleur du trafic qu’ils avaient mis au point", avait commenté le substitut Verbrigghe lors de la dernière audience du tribunal correctionnel de Charleroi.

En détricotant la filière, les enquêteurs ont également pincé Mohamed et Ashraf, deux frères qui disposaient déjà de leur propre trafic et s’approvisionnaient chez les principaux suspects. Un 3e homme, surnommé La Fouine, les aidait de temps à autre lorsqu’ils en avaient besoin.

En janvier dernier, les policiers fédéraux sont passés à l’action. Chez Jamal, ils ont découvert 1,3 kg de cannabis sur une plate-forme. Les autres perquisitions ont permis de saisir un peu de drogue, des GSM, de l’argent et des armes. Grâce aux écoutes, on sait aussi que Jamal et Karim étaient impliqués dans un go fast intercepté à Bayonne avec 180 kg de cannabis...

Interrogés par le tribunal, les neuf suspects n’ont reconnu que très partiellement les faits. "On dépannait, mais ce n’était pas des kilos", a lancé l’un d’eux. "Moi je suis un simple consommateur. Là, j’ai du shit sur moi, comme toujours", a déclaré un autre, culotté.

Ce mercredi, le tribunal a estimé les préventions établies. Les prévenus ont écopé de peines allant de huit mois pour les petits poissons à cinq ans de prison ferme pour les dirigeants principaux.