L'asbl Duo for a Job, ça part d'une idée assez simple: les jeunes issus de l'immigration (nés à l'étranger, de nationalité étrangère, qui vivent en Belgique et qui ont un statut de résident, ou dont les parents ou grand-parents sont issus de l'immigration) ont plus de difficultés à s'insérer dans le marché de l'emploi, c'est statistiquement prouvé. En parallèle, il y a pas mal de personnes de plus de 50 ans qui ont envie de transmettre leur expérience et d'intégrer une initiative citoyenne.

L'association met donc en relation un de ces jeunes avec un des travailleurs expérimentés. Elle a déjà "fait le coup" pour 4500 duos en Belgique, en France et aux Pays-Bas, et vise 1000 de plus en 2022. "Trois jeunes sur quatre décrochent ce qu'on appelle une "solution emploi" après leur premier accompagnement, que ça soit un emploi en CDD ou CDI, une formation qualifiante ou un stage. Dans tous les secteurs confondus, que ça soit manuel, intellectuel, derrière un bureau ou sur le terrain, avec ou sans diplôme, etc.", indique Axelle Le Brettevillois, responsable communication à Duo for a Job.

Après Liège, Anvers et Gant, avoir pignon sur rue à Charleroi, à un endroit accessible, permettra à l'association de mettre plusieurs jeunes en relation avec un mentor, tout en ayant un local pour les rencontres, avec des PC, ainsi que des gens à disposition "pour toute question ou toute aide qui serait nécessaire."

Pour trouver des jeunes, c'est assez facile: il y a des CPAS, des associations de terrain, des organismes publics ou privés. L'inscription peut aussi se faire manuellement sur www.duoforajob.be. C'est pour trouver des mentors qu'il faut un peu plus d'huile de coude, même si Duo for a Job s'appuie sur un réseau de partenaires assez solide.

C'est la raison pour laquelle une session d'information "mentors" sera organisée le 20 avril prochain, de 14 à 15h30, au CRIC de Charleroi, rue Hanoteau 23 (6060 Gilly). "Il y a deux conditions pour devenir mentor: être âgé de plus de 50 ans et avoir quelques heures par semaine à consacrer à la recherche d'emploi du jeune. On matche un jeune et un mentor après les avoir chacun rencontré individuellement, dans la grande majorité des cas ça fonctionne très bien dès la première rencontre. Pour que le mentor ne soit pas perdu, on le forme pendant plusieurs jours à l'insertion socio professionnelle, la recherche d'emploi, les outils disponibles, les bonnes adresses, etc. Parce que même s'ils ont l'expérience pour aider, ils n'ont parfois plus cherché d'emploi depuis 20 ans, pour certains. Chaque duo s'engage alors à travailler ensemble, pour une durée de six mois. Parfois ça va plus vite, parfois ça prend du temps. L'objectif est que chacun s'accorde à l'autre: parfois c'est plié en quelques rendez-vous, parfois c'est une recherche longue et difficile, parfois c'est aussi accompagner un jeune pendant ses premières semaines de travail pour répondre à ses interrogations ou inquiétudes, parfois c'est l'aider à chercher mieux pendant qu'il fait un job alimentaire. C'est une formule très personnalisée, pour arriver au meilleur résultat possible."