Des actions de protestation ne sont pas à exclure en septembre.

Des vols à la tire, des intimidations, des bagarres et des automobilistes qui circulent entre les étals des ambulants au mépris de la sécurité publique et de la loi : c’est le sombre tableau qu’a dressé ce lundi au conseil communal de Charleroi le chef du groupe Ecolo de l’opposition. Luc Parmentier a voulu se faire l’écho des doléances et du ras-le-bol de la profession.

"Les maraîchers ont vraiment l’impression d’être laissés pour compte", confirme le président de l’union nationale de défense du commerce ambulant (UNDCA) Jean Papassarantis. "Quand on déballe notre marchandise le matin avant l’ouverture du marché, c’est l’horreur. Les dealers se livrent impunément à leur trafic, les ivrognes de retour d’une nuit arrosée errent dans le quartier, des automobilistes forcent les interdictions de passer pour se rendre en voiture là où ils ont décidé, des mendiants viennent nous demander un peu d’aide et ensuite importunent les clients. Et la police laisse faire. Elle n’est d’ailleurs pas présente à notre arrivée pour faire régner l’ordre public et veiller à ce que nous puissions nous installer dans de bonnes conditions. On la voit débarquer plus tard lorsqu’on n’a plus besoin d’elle !"

L’ambulant se dit inquiet face à la détérioration des conditions d’organisation. Rue Chavanne, une bagarre a encore éclaté la semaine dernière. "Et si vous avez le malheur de klaxonner pour exiger le déplacement d’une voiture gênante garée en double file, vous risquez de vous faire menacer ou carrément tirer dessus."

Conséquence : pour assurer leur propre sécurité et protéger leurs biens, certains d’entre eux ont décidé de s’armer, selon Luc Parmentier. Ce qui va dégénérer.

Trop c’est trop pour les maraîchers du dimanche. Le président de l’UNDCA prévient : "Si aucune amélioration n’est constatée à la rentrée de septembre, il y aura des actions de protestation très dures de nos membres."

À Charleroi, les marchés rapportent plus de 800.000 euros de recettes à la ville. En dehors d’un nouveau mode de perception des droits de location pour les emplacements, aucune amélioration n’a été apportée, selon Papassarantis. "La sécurité est une priorité. Il faut agir d’urgence."

Quant à la remise en conformité du matériel urbain d’alimentation électrique, les ambulants s’étonnent qu’aucun renouvellement de borne ne soit encore intervenu, alors que l’échevin du Commerce avait indiqué avoir lancé l’appel d’offres.