À 60 ans, Liliana a toujours fait preuve d’exemplarité. Inconnue de la justice, elle estime être une bonne voisine qui n’a jamais causé le moindre tort là où elle a vécu. Pourtant, ce mercredi, elle comparaît pour la première fois devant la justice à cause d’une querelle de voisinage avec Eddy et sa petite famille.

Après avoir été les voisins de Liliana durant une quinzaine d’années, la famille d’Eddy a déménagé il y a quelques années pour enfin être tranquille. Car, de part adverse, le portrait de Liliana en tant que voisine n’est pas aussi flatteur. « Ce n’est pas la seule famille qui a été victime de cette voisine. Plusieurs voisins directs confirment qu’elle est adepte des doigts d’honneur et des insultes », confirme la substitute Pied, en charge du dossier. Ce mercredi, Liliana est suspectée d’un harcèlement et d’avoir rédigé et envoyé quatre lettres menaçantes à la famille d’Eddy.

Le contenu de ces courriers est interpellant. « On y retrouve quatre cercueils dessinés, deux pour les parents et deux pour les enfants du couple. Il y a également des croix mortuaires, un avis de faire-part de décès et différentes menaces », explique Me Charles, partie civile. Les soupçons de la famille se sont très vite portés sur leur ex-voisine. « Le 7 mars 2016, la victime a croisé Liliana lors d’un carnaval. Cette dernière l’a fusillé du regard et deux jours après, la première lettre arrivait dans la boîte aux lettres », détaille le parquet, affirmant avec certitude que Liliane est bel et bien la rédactrice de ces lettres. Une expertise graphologique, qui analyse en détail l’écriture, a été effectuée et l’expert n’a aucun doute. L'écriture de Liliana correspond à celle des lettres.

Mais malgré cette expertise, Liliana campe sur ses positions, affirmant même qu’Eddy serait capable d’être l’instigateur. « C’est quelqu’un de mauvais et de très rancunier. Il voulait que je sois à ses côtés alors qu’il était en conflit avec mon père pour une histoire de garage. C’est lui qui a rédigé les lettres. »

Le parquet ne s’oppose pas à octroyer une suspension probatoire à Liliana, avec une formation pour la gestion de la violence et une thérapie. « On sent que la prévenue a des difficultés à gérer ses émotions et son agressivité. » Jugement dans un mois.