Charleroi Alité, il lui a confié sa carte de banque, elle a retiré près de 10.000 euros.


En juillet 2016, Vanessa se rend à l’hôpital pour voir son beau-père, hospitalisé pour plusieurs mois. Sa relation avec le sexagénaire a toujours été compliquée. "En réalité, c’est mon père, explique-t-elle, mais il ne m’a jamais reconnue. Quand j’étais enfant, il a quitté ma mère pour une femme qui tenait un bar de paris sportifs. Il a toujours aimé jouer et m’a d’ailleurs transmis son amour des paris et des salles de jeux."

Comme il est alité, il charge sa fille des dépenses liées à son hospitalisation et lui confie sa carte de banque. Pour Vanessa, la tentation est trop forte, aller à la salle de jeux est son seul loisir. "Chez moi, je dois m’occuper de ma mère en permanence. Je n’ai pas d’amis et aucune occasion de faire des sorties. Je me suis occupé des dépenses de mon père puis j’ai joué le reste de l’argent, près de 10 000 €. J’ai vite commencé à perdre mais j’étais sûre que je pourrais me refaire ; ça n’a pas été le cas. Après tout, il savait que j’avais un problème avec le jeu, il n’aurait jamais dû me donner sa carte. C’est de sa faute ce qui est arrivé."

Prise de remords , elle envoie un texto à son beau-père pour tout lui avouer et tente de le rembourser. Cette tentative est malheureusement un échec et une procédure au pénal est lancée. Au tribunal, Vanessa avoue avoir utilisé l’argent de son beau-père à des fins personnelles mais cet argent elle le méritait. Son "père" n’a jamais rien fait pour elle, même pas la reconnaître comme sa propre fille.

Les propos de Vanessa agacent le substitut du procureur, David Dufrasnes. Il espérait un peu plus d’amendement de la part de la prévenue alors que cette dernière manifeste tout le contraire. Il requiert donc un an d’emprisonnement mais laisse la porte ouverte à un sursis probatoire durant lequel Vanessa pourrait suivre une thérapie pour l’aider dans sa dépendance aux jeux d’argent.

Durant le plaidoyer de son avocate, Vanessa n’arrive pas à retenir ses larmes lorsque cette dernière évoque son état mental. Elle dépend de la Vierge Noire depuis toujours et pour Me Ingrid Baudart c’est la raison de ses propos inadéquats et à son addiction aux jeux. Sa cliente serait également incapable de suivre la thérapie recommandée par le parquet. Elle plaide donc pour une suspension probatoire du prononcé.

Le tribunal rendra son jugement le 7 mars.