William prétend que la femme qui le harcèle s’est donné un coup de couteau pour lui faire des ennuis.

William est formel : non, il n’a pas poignardé Maryline, en octobre 2011. Le quinquagénaire de Montignies-sur-Sambre répondait ce vendredi de coups et blessures et de rébellion devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "C’est une femme qui boit et qui se drogue. Elle me harcèle : elle m’a déjà cassé trois paires de lunettes, elle a griffé ma voiture et j’ai dû changer plusieurs fois mes serrures. Ce soir-là, elle est venue frapper à ma porte. Elle voulait entrer et coucher avec moi. Moi, je vis avec mon papa invalide. J’ai d’abord refusé, mais elle a insisté en promettant d’être calme. Une fois à l’intérieur, elle s’est déshabillée et elle est revenue à la charge. Comme je refusais, elle a tout cassé. Puis, elle a pris un couteau et s’est blessée toute seule au bras gauche."

Alertée par William, la police est arrivée au milieu du jeu de quilles. Et comme Maryline saignait, le quinquagénaire faisait office de coupable idéal. "Ils m’ont plaqué sur la table et m’ont ouvert l’arcade", poursuit le prévenu qui, ce soir-là, était tout aussi imbibé que sa maîtresse. "Mais moi, je bois bien mon petit verre, mais je ne suis pas alcoolique comme elle", précise-t-il.

Le parquet avait tendance à croire William avant l’audience, d’autant que Maryline s’est fendue d’un SMS troublant, en 2013, dans lequel elle précise ceci : "je t’ai bien eu avec le couteau. Maintenant, j’ai la police dans la poche."

L’automutilation semblait donc être démontrée… sauf que William s’est emberlificoté dans ses déclarations devant le tribunal, livrant une autre version que celle réalisée devant le juge d’instruction. Pour le substitut Clausse, la prévention est donc établie et la rébellion aussi. "Vu que cette histoire baigne dans l’alcool, je réclame une peine assortie de mesures probatoires", a conclu le magistrat. Me Donatangelo, lui, plaide l’acquittement pour son client en se basant sur le SMS de Maryline. Il passe par contre condamnation sur la rébellion et sollicite une peine de travail. Jugement le 8 avril.