Le tribunal correctionnel de Charleroi a octroyé, vendredi, une suspension probatoire du prononcé de cinq ans à à une femme âgée de 24 ans qui était poursuivie pour le harcèlement de deux de ses enseignantes entre 2012 et 2019. La prévenue, qui possède un quotient intellectuel supérieur à la moyenne, suivait les victimes dans leurs déplacements. Le ministère public avait requis deux peines de prison ferme.

Étudiant à l'école Samaritaine à Montignies-sur-Sambre, la jeune femme souffrait d'un mal-être. La première victime avait remarqué les difficultés de son élève et tentait de l'aider. Mais cette aide avait déclenché un comportement pervers dans le chef de l'adolescente. Cette dernière vouait un véritable culte à l'enseignante et la suivait partout, jusqu'à son domicile, sans se cacher. Elle prenait également des photos et tenait un journal intime, dans lequel elle avait noté tous les déplacements de la victime, qui a porté plainte, provoquant le renvoi de la prévenue.

Fraîchement débarquée à l'école Sainte-Marie de Châtelet, cette dernière avait récidivé en s'intéressant à l'une de ses nouvelles enseignantes, qui ressemblait physiquement à la première victime. Celle-ci avait également tenté d'aider l'étudiante à s'intégrer dans son nouvel environnement, mais elle avait subi un harcèlement entre janvier 2017 et juillet 2018. La prévenue suivait même sa professeure lorsque celle-ci déposait ses enfants à l'école.

Le ministère public a insisté sur la nécessité de protéger la société face à ce comportement. Dans un journal intime, la prévenue - qui possède un QI supérieur à la moyenne - avait évoqué le projet d'éliminer sa famille. Ses parents, dépassés par la situation, ont confirmé que leur fille est douée avec ses mains et qu'elle peut confectionner des armes artisanale.

Actuellement suivie par un psychiatre et un psychologue, la prévenue a fait l'objet d'un internement à l'hôpital. Une peine de 12 mois de prison ferme avait été requise pour les premiers faits et une peine supérieure pour les faits commis sur la seconde enseignante.

L'avocat de la défense, Me Lebas, a admis que le comportement de sa cliente pouvait étonner et inspirer de la crainte et de la terreur. "Elle se comporte ainsi car ce sont des gens qui ont tenté de la comprendre", a-t-il expliqué, plaidant une suspension probatoire du prononcé. C'est ce qui a été suivi par le tribunal.