Violence et alcool ne font pas bon ménage. Emilie et Joffrey, les deux ex-tourtereaux, peuvent en témoigner. Rencontrées quelques mois auparavant sur Badoo, les deux personnes ont vécu une relation particulièrement toxique, baignée dans les canettes de bière, dans la violence conjugale et parfois même dans la consommation de cocaïne. Le 22 mai dernier, une nouvelle dispute au domicile de Joffrey rue de la Broucheterre a viré au drame.

Ce jour-là, c'est en rentrant au domicile après une journée passée chez des amis à Joffrey, que la situation a vrillé. Emilie et Joffrey sont sous l'influence de la boisson et se disputent, une nouvelle fois. D'après la jeune femme, c'est à l'issue de nouveaux coups portés par Joffrey qu'elle s'est saisie (sans pouvoir expliquer la raison) d'un couteau de boucher. "J'avais déjà été victime de coups par le passé. Il y a eu des coups, dont une tentative d'étranglement et un coup de boule. Je ne sais pas pourquoi je me suis saisi d'un couteau", explique Emilie, confirmant avoir porté un premier coup de couteau au visage de Joffrey. La prévenue confirme également qu'il lui est fréquent de ne pas se laisser faire et de rendre les coups.

Cinq autres coups de couteau en direct

Touché au visage par ce qu'il pensait être au départ qu'un coup de poing, Joffrey constate qu'il saigne abondamment et trouve refuge dans la chambre à coucher. Il alerte les secours et alors qu'il est au téléphone pour appeler à l'aide, Emilie surgit dans la pièce. "Elle m'a attaquée au visage et je lui ai mis un coup de boule. Elle m'a donné plusieurs coups de couteau dans le flanc et dans le thorax", témoigne Joffrey lors de son audition policière.

Pour Me Marie-Cécile Deprez, partie civile, nul doute qu'Emilie était animée d'une intention d'homicide lors des faits. Cette dernière a d'ailleurs crié à plusieurs reprises "je vais te tuer", alors que Joffrey alertait les secours. "Elle a même envoyé un message, juste après les faits, sur Messenger à un ami à la victime en lui écrivant 'j'ai planté Joffrey, j'attends la police', précise l'avocate.

Le parquet partage également le point de vue de la partie civile, en confirmant qu'Emilie a verbalisé son intention de tuer son compagnon et en insistant sur le milieu très précaire dans lequel la scène a éclaté. Si habituellement, la 6e chambre du tribunal correctionnel de Charleroi est amenée à prononcer une peine de 6 ans de prison pour tentative de meurtre, le substitut Bouilliez requiert une peine de 5 ans de prison avec un sursis probatoire.

Me Bruno, à la défense, va dans le même sens que le parquet en plaidant des mesures probatoires pour sa cliente, "envahie par la rage et la haine après un coup de trop." Jugement le 20 avril.