Si Jordan s'est retrouvé à trouver refuge auprès d'un particulier dans les rues de Marchienne-au-Pont, en pleine nuit dé février alors qu'il neigeait et gelait, nul doute que pour lui les trois prévenus sont responsables. Selon ses dires, il aurait été embarqué de force dans une camionnette, emmené chez Pascal et passé à tabac par les trois prévenus et un mineur d'âge. Ce lundi après-midi, Pascal, Ivan et Antonio (prénoms d'emprunt) se sont expliqués sur la détention arbitraire, le vol avec violence du GSM et du portefeuille de Jordan et le traitement dégradant.

Pascal, lui, confirme n'avoir rien fait hormis avoir asséné une gifle à Jordan, « pour qu'il ne vole plus mes linges ». Le plus vieux de la bande admet qu'il a hébergé Jordan à son domicile par le passé, mais nie toute implication dans les faits. « Je ne lui ai rien volé et ce n'est pas moi qui l'ai déshabillé. Ils lui mettaient des baffes et je ne m'en suis pas mêlé. Je suis allé dans la cuisine pour démonter des meubles parce que je déménageais", confirme-t-il.

Une voiture achetée, mais impayée

Ivan, le second prévenu, prétend s'être retrouvé "au mauvais endroit au mauvais moment". "J'ai accompagné mon cousin qui avait un problème avec Jordan. Je n'ai pas assisté à toute la scène et je n'ai touché personne." Antonio, son cousin, admet l'existence de coups. "Il m'avait menacé sur une vidéo où il chargeait une arme. Vous savez, j'ai une famille et trois enfants. Alors, oui j'ai été le voir et je lui ai porté des coups."

Le substitut Bury, représentant le parquet, considère que les trois prévenus ont bien participé au traquenard tendu à Jordan et qu'on n'est pas passé loin d'une véritable scène de torture. "La victime confirme qu'elle a été frappée par les trois prévenus. Selon elle, Antonio lui a même porté un coup de tournevis à la cuisse." Des peines de minimum 4 ans de prison ont été requises.

Les avocats à la défense ont plaidé un acquittement et une requalification du vol avec violence en coups et blessures pour Pascal et Antonio. Pour Me Lauvaux, l'avocat d'Antonio, la vente d'un véhicule est à l'origine du conflit. "C'est un véhicule qui a été acheté par la victime pour 800 euros. Il était convenu, avec accord de mon client, de payer ce montant en plusieurs fois, mais ce ne fut jamais le cas."

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