Rouge, orange, vert, blanc, jaune et maintenant… magenta et turquoise. Avec l’adoption de l’actualisation du règlement de parking qui sera en application dès le 1er janvier 2022, le plan de stationnement de Charleroi a repris des couleurs. De quoi le rendre un peu plus rébarbatif aux yeux de ses usagers, ont dénoncé les leaders de l’opposition au dernier conseil communal.

Pour l’échevin de la Mobilité Xavier Desgain, cette évolution cache d’abord un statu quo : les tarifications horaires sont en effet inchangées, comme le prix des abonnements à l’année qui restent à 120 euros. Mais trois nouveaux axes de l’extra-ring passent en zone rouge. Il s’agit de la Grand’rue à Charleroi nord, de l’avenue Mascaux, du prolongement de l’avenue Meurée à Marcinelle et du pied de l’avenue Pastur. À l’entrée ouest du centre-ville, la chaussée de Bruxelles et la route de Mons basculent partiellement dans le mode payant pour se protéger des véhicules ventouses. Ces tronçons fonctionneront en zone blanche. Desgain se défend de vouloir renflouer les finances communales. "Cela répond à la pénurie de places et à des demandes locales, exprimées notamment par les unions de commerçants qui ont été consultées", note-t-il.

Deux nouvelles teintes apparaissent : le magenta pour les quartiers soumis à une forte pression automobile (durée limitée à 30 minutes) et la zone turquoise pour les aires nécessitant la présence d’un disque de stationnement (durée limitée à 120 minutes). Plus besoin d’encodage à l’horodateur ni de recours à une appli. Le contrôle y sera assuré par la scan-car de la RCA. Dans un premier temps, l’expérience sera limitée au noyau commercial de l’avenue Pastur à Mont-sur-Marchienne ainsi qu’à la place des Essarts, devant le musée de la Photo. Ensuite, le dispositif pourra être transposé à une vingtaine d’autres zones de l’entité dans les anciennes communes.

Au final, et c’est le reproche adressé par l’opposition, ces actualisations compliquent la compréhension du plan de stationnement. On est à la limite de l’usine à gaz. Le MR craint des conséquences dommageables pour la fréquentation des commerces. Pour le conseiller Défi Jean-Noël Gillard, "la Ville met la charrue avant les bœufs. Elle anticipe la création d’alternatives de mobilité." Le PTB y voit carrément un moyen de s’enrichir sur le dos des travailleurs, un argument battu en brèche par le bourgmestre Paul Magnette.

Enfin, l’offre d’emplacements PMR a doublé. Ils ont été intégrés aux zones existantes et rencontrent les besoins exprimés par le conseil consultatif de la personne handicapée et les associations du secteur. Ce sont ainsi 200 places qui vont être aménagées. Les titulaires d’une carte handicapé valide pourront les occuper gratuitement, sans demander un abonnement.