Ce mardi matin, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Charleroi, Hemeric a fait preuve d'une grande honnêteté en évoquant son attirance pour les fichiers pédopornographiques. Durant 10 ans, cette attirance malsaine l'a conduit à télécharger entre 2.000 et 3.000 fichiers. Jusqu'à ce qu'il soit dénoncé par les autorités américaines, à la suite d'une connexion avec son adresse IP sur Facebook pour diffuser des fichiers pédopornographiques.

« Ça a toujours été un combat pour moi de lutter contre cette attirance », lance Hemeric lorsqu'il évoque, avec le tribunal, ses efforts menés pour mettre un terme à son comportement déviant. « C'est difficile, mais je fais beaucoup d'efforts. J'ai acquis un ordinateur. J'ai toujours ces images qui me reviennent et j'ai été jusqu'à mettre des contrôles parentaux pour éviter de consulter de nouveau ce type de fichiers. » Dans son ordinateur, les experts ont découvert des fichiers de tout type, montrant des bébés jusqu'à des adolescents, victimes de sévices sexuels.

Contestation sur la diffusion

Si le prévenu admet facilement la détention d'un très grand nombre de fichiers, il conteste cependant avoir diffusé ce type de fichiers, malgré le flagrant délit constaté par les autorités américaines en juillet 2018. Compte tenu du nombre de fichiers retrouvés dans le système informatique, de la longueur de la période infractionnelle et du caractère actif dans la recherche de ces fichiers, une peine de minimum un an de prison est requise. Le parquet suggère à juste titre un sursis probatoire, pour aider Hemeric à poursuivre ses efforts pour se débarrasser de son attirance.

Me De Moreau, avocat à la défense, plaide un acquittement pour la prévention de diffusion. « Il a été sincère concernant l'autre prévention. Je ne vois pas pourquoi il mentirait et contesterait cette autre prévention sauf s'il n'a rien fait. » À la place d'un sursis, c'est une suspension probatoire du prononcé qui est sollicitée.

Jugement le 25 janvier.