Joëlle, qui n’avait pas supporté le sourire de son époux, écope de deux ans de prison avec sursis.

Joëlle et Michel, deux habitants d’Estinnes, ont vécu ensemble durant 36 ans avec le poids d’un lourd secret : Michel ne voulait pas d’enfants et a poussé sa femme à avorter à deux reprises. Meurtrie dans sa chair et son âme, Joëlle ne l’a pas supporté et sombré dans une profonde dépression.

Cette rancœur noyée dans l’alcool a fait péricliter le couple et il n’était pas rare que la police intervienne pour mettre fin à des disputes homériques. Mais le 12 décembre 2012, c’est Joëlle qui a appelé les forces de l’ordre. "J’ai planté mon mari", leur a-t-elle signalé.

Effectivement, à l’arrivée des inspecteurs, Michel tentait de compresser une plaie au flanc avec un gant de toilette, tout en fumant une cigarette. L’homme ne voulait pas porter plainte contre son épouse, qui avait bu quelques whiskies ce matin-là.

Mais la machine judiciaire était lancée, ce qui a amené le juge d’instruction à inculper la quinquagénaire de tentative de meurtre. Aujourd’hui, le couple est brisé et chacun vit de son côté. Michel ne garde pourtant pas ombrage de ce coup de couteau qui lui a perforé le poumon et manqué de le tuer. "Je regrette ce qui est arrivé. J’aurais dû voir qu’elle était en détresse et agir autrement", a-t-il déclaré lors de la dernière audience du tribunal correctionnel de Charleroi, refusant de se constituer partie civile. "Je n’ai pas voulu le tuer, mais juste lui faire peur", a ajouté Joëlle.

Mais pour le parquet, l’intention homicide était bien réelle : un couteau de 27 centimètres a été utilisé et le coup aurait pu être fatal. "Aux policiers, la prévenue a déclaré qu’il ne fallait pas appeler l’ambulance. Qu’il pouvait crever pour le mal qu’il lui avait fait", avait ainsi précisé la substitute Dutrifoy avant de requérir une peine de quatre ans de prison, avec sursis vu l’absence d’antécédents de la prévenue.

Me Stampetta, conseil de Joëlle, avait quant à elle contesté l’intention homicide et réclamé une requalification des faits en coups et blessures volontaires. Ce qu’elle a d’ailleurs obtenu ce lundi. Joëlle a finalement écopé de deux ans de prison avec sursis.