Loïc et Jordan n’ont pas vraiment le profil de délinquants. Ces deux jeunes Carolos sont toujours aux études et n’ont pas vraiment l’habitude d’arracher des sacs à main ou de dealer de la drogue.

Sauf que ce lundi, on retrouvait ces deux loustics sur les bancs du tribunal correctionnel pour des faits particulièrement graves, à savoir le braquage d’une boulangerie. Les faits se sont produits le 2 mars 2013, à Fontaine-l’Évêque. Les deux jeunes, qui glandaient dans le quartier, n’ont rien trouvé de plus intéressant pour occuper leur journée. Ils sont entrés dans la boutique et ont brandi une arme factice sous le nez de la boulangère, qui n’avait pas d’argent en caisse.

"C’est effrayant et fameusement dégueulasse", s’est exclamé le juge Coppée. "On ne comprend pas pourquoi des gens comme vous, qui n’ont pas du tout le profil, décident tout d’un coup d’aller commettre un braquage, comme s’ils allaient voir un match de foot ou jouer à la Playstation."

Sermonnés, les deux prévenus ont balbutiés quelques excuses, sans pouvoir donner d’explications à leur geste fou. "Vous avez même acheté une imitation de revolver pour 140 €, ce qui est déjà une belle somme. C’est dire si ce n’est pas le butin qui vous motivait", ajoute le président.

La boulangère , elle, est traumatisée depuis les faits. Après l’avoir mise en joue avec leur arme, les auteurs lui avaient déclaré : "tu as de la chance d’être une femme, sinon on t’aurait buté". Pas étonnant, dès lors, que la partie civile réclame 50.000 € de dommages. Il faudra d’ailleurs désigner un expert pour vérifier que les séquelles psychologiques ne sont pas permanentes. Ce qui alourdirait l’échelle des peines que risquent Loïc et Jordan.