La crise sociale est à la mesure de ce que les prévisions les plus alarmistes annonçaient dès la fin de l’été : affolante ! Partout en Belgique, les CPAS se préparent à une hausse spectaculaire du nombre de nouveaux bénéficiaires du revenu d’intégration. "À Charleroi, nous tablons sur une augmentation de près de 1 300 ayants droit en deux ans, ce qui va porter le seuil déjà historiquement élevé à un niveau encore plus grand", indique le président Philippe Van Cauwenberghe (PS). Déjà entre le 1er janvier et le 30 septembre, le chiffre est passé de 8 058 à 8 501, mais le pire est à venir : "dans les prochains mois, nous pensons que 800 nouveaux venus vont encore allonger les listes : on en serait ainsi à 9 326 en 2021 !"

Entre avril et septembre, le CPAS de Charleroi a traité 9 230 demandes d’aides, dont 60 % introduites par de nouveaux usagers. "Dans 3 286 de ces 5 477 dossiers, il s’agissait de demandes d’ouverture de droits au revenu d’intégration", constate-t-il. Pour les 40 % de demandeurs déjà aidées par le CPAS, le premier besoin était alimentaire : 39 % des 3 753 dossiers avaient trait à cela. Si les CPAS ont reçu des garanties de refinancement du fédéral via le fonds covid, Charleroi avait déjà consommé à la fin octobre plus d’un million des 5,9 de son enveloppe vouée à l’aide des publics inconnus de ses services. "Il s’agit d’étudiants, travailleurs intérimaires, indépendants à titre principal ou complémentaire en difficulté, familles avec enfants, etc. La circulaire de la ministre Karine Lalieux (PS) en charge de l’Intégration sociale et de la Pauvreté nous invite à nous montrer particulièrement attentifs à toutes les situations de précarité infantile."