Mathieu H., 37 ans, est suspecté avec sept autres personnes d'avoir profité de la faiblesse de ses résidents, qui vivaient dans des conditions épouvantables.

Huit personnes sont poursuivies devant le tribunal correctionnel pour avoir participé, en tant que membres du personnel et de la direction, à la gestion du Prisme, une institution qui accueillait des patients âgés ou présentant des pathologies mentales. Le problème, c’est que les résidents vivaient dans des conditions épouvantables et ne recevaient pas toujours les soins et attentions qu’ils méritaient en payant 1.350 € par mois pour vivre au sein de l’établissement.

En 2016, plusieurs dénonciations arrivent sur le bureau des autorités judiciaires. On soupçonne l’institution de laisser vivre les résidents dans des conditions déplorables. Le 22 décembre 2016, une perquisition est organisée sur place, à la rue du Wainage à Farciennes. On y découvre des murs remplis d’humidité, des champignons au plafond, des fils électriques apparents, des WC bouchés, etc. De manière générale, on constate également un encadrement insuffisant pour gérer une trentaine de résidents à problèmes.

Ce mardi, le procès des huit prévenus a débuté. On leur reproche d’avoir abusé de la vulnérabilité des résidents, de les avoir hébergés dans des conditions indignes, de leur avoir infligé des coups et blessures et des traitements inhumains. Le ministère public soupçonne plusieurs membres du personnel d’avoir également prodigué des soins aux victimes, notamment en donnant du Temesta, "pour calmer les personnes agitées."

Le principal suspect, Mathieu H., a géré l’établissement de 2011 à 2016. D’après lui, il n’est nullement responsable de ce qui s’est passé et est victime d’un complot. Certains des prévenus reconnaissent avoir connu des situations hors du commun durant leurs journées de travail. Le cuisinier du Prisme confirme avoir donné la douche à plusieurs résidents ! L’une des femmes de ménage admet également avoir donné du Temesta (ou lorazépam, un sédatif) aux victimes. 

La suite du procès aura lieu le 19 mai 2020.