Ce jeudi c'est tout un secteur qui s'est réveillé avec une énorme gueule de bois sans boire une seule goutte pourtant. Aux quatre coins de la ville, les directeurs de théâtres n'en reviennent toujours pas de la décision de fermer leurs portes au public en cette fin d'année et ce jusqu'à nouvel ordre.

Ce qui choque le plus à l'Eden, à l'Ancre, au Marignan, au Poche, à la Ruche, au petit théâtre de la ruelle ou encore au Palais des Beaux Arts, c'est la surprise de se retrouver du jour au lendemain impacté par une décision qu'ils n'ont même pas vu venir.

Sur les réseaux sociaux les réactions ne se sont pas fait attendre. L'incompréhension est totale. "C'est un véritable coup de massue, rien ne laissait présager de cela," nous explique-t-on dans plusieurs théâtres. Sans s'être concertés, Bernard Baudaux, directeur du Poche, Jacky Druaux, directeur du Marignan, Fabrice Laurent, directeur du Centre Culturel l'Eden et bien d'autres restent sans voix devant des décisions ne se basant pas sur une réalité de terrain ni sur une écoute de l'expertise du Gems. "Tout a été fait pour que nous puissions accueillir les spectateurs dans des conditions sanitaires maximum. Gel, distances, aération tout a été fait et même testé. Nous avons un tel système qu'à puissance maximale, tout l'air est renouvelé en 6 minutes," explique Fabrice Laurent.

Les conséquences sont très lourdes pour un secteur qui éprouve déjà pas mal de difficultés à faire revenir le public. "Les spectacles sont annulés ou reportés mais jusqu'à quand ? Cette fin d'année est particulièrement compliquée et rien n'est fait pour nous aider. Nous ne demandons pas la fermeture des restaurants ou d'autres secteurs, nous cherchons à savoir pourquoi nous et sur base de quoi ? Des experts se sont prononcés et rien n'a été dans ce sens. Que faire alors ?" explique Bernard Baudaux.

Sur les réseaux sociaux il n'aura pas fallu attendre des heures pour que les directions s'insurgent contre les mesures "incompréhensives et irrespectueuses".

Si la décision semble irrévocable, la Quai 10 ne l'entend pas de la sorte. Le directeur, Matthieu Bakolas, soutenu à l'unanimité de par son conseil d'administration a décidé de ne pas fermer ses portes au public le 26 décembre.