Le chômage monte en même temps que les peurs.

Le coronavirus n’épargne aucun secteur : en région de Charleroi, le métal, la technologie et la logistique en paient actuellement le prix fort. Perte d’activité, impossibilité de respecter les mesures de distanciation sociale, manque d’équipements de protection, l’effet de contagion entraîne des fermetures temporaires parfois complètes, un recours intensif au chômage et la montée de l’absentéisme, tout cela en cascade.

L’impact de la crise peut même être fatal : OxyFleurus (60 emplois) a annoncé son dépôt de bilan. "La PME connaissait déjà des difficultés, la crise l’a envoyée au tapis", selon Thierry Duchène de la CSC Metea.

Dans la sidérurgie, l’usine de Thy Marcinelle fermera provisoirement à partir de vendredi, mais le nombre de malades déjà très élevé au sein du personnel pourrait lui imposer d’anticiper cette mesure, selon les organisations syndicales. Chez Industeel et Aperam Châtelet, la production s’est fortement ralentie. "Les délégués et la direction cherchent à s’accorder sur d’indispensables aménagements dans l’organisation du travail", indique le permanent Jean-Michel Massart de CSC Metea. Sans quoi l’outil sera mis à l’arrêt forcé.

Dans l’aéronautique, la Sabca a interrompu son activité pour cas de force majeure, tout comme la Sonaca, il y a déjà une semaine de cela. Le Comité pour la prévention et la protection au travail doit se réunir pour fixer les conditions de la reprise.

Idem aux câbleries Nexans à Charleroi : c’est souvent de manière concertée que les partenaires sociaux élaborent des solutions. Des fermetures sont inévitables : sur le zoning de Jumet, ABB, qui fabrique des condensateurs, a stoppé sa production. C’est aussi le cas chez Thales, où après avoir tenté de réorganiser les pauses l’employeur a décrété la fermeture des ateliers. Situation identique sur le site d’Alstom… Chez Ceva Logistics, les ouvriers ont débrayé ce mardi pour dénoncer l’insécurité dans laquelle ils travaillent. La direction qui fournit les hôpitaux en matériel médical dit avoir fait tout ce qu’elle pouvait pour limiter les risques.

Partout, les peurs montent, analyse le secrétaire général de CSC Metea Hainaut Namur. Jean-Marie Hoslet constate un effet domino dans l’industrie et la logistique. Car, après les activités principales, ce sont les sous-traitants qui sont touchés de plein fouet.

Dans certains segments, des entreprises parviennent à sauvegarder une partie de leur carnet de commandes. Exemple : fabricant de convoyeurs, Tecna Fleurus recourt au chômage partiel pour les opérations qui demandent des contacts rapprochés. Des PME ont adapté leur organisation interne et équipé leurs travailleurs de matériel de protection, c’est notamment le cas chez Precimetal et Settas.