Les choses n’ont pas trainé. Nous avons appris que le fonctionnaire délégué du SPW à Charleroi Raphaël Stokis venait de notifier son avis de complétude à la demande de permis de l’Opérateur des Transports Wallons (OTW) en vue de la création d’un bus à haut niveau de service (BHNS).

Ce projet vise à réorganiser la mobilité au sud de Charleroi au travers du relifting complet de deux grands axes de pénétration, d’une part la N5 (route de Philippeville) depuis le carrefour Ma Campagne à Gerpinnes, d’autre part la RN53 (avenue Pastur) depuis le carrefour de Bomerée à Montigny-le-Tilleul. La ville doit organiser l’ouverture de l’enquête publique endéans les deux semaines, comme les communes de Gerpinnes et Montigny-le-Tilleul directement concernées par le projet.

Cette procédure s’étalera sur 30 jours calendrier. A l’issue de l’enquête publique, une réunion de concertation devra être organisée si le nombre de réclamations dépasse les 25, ce qui est très probable vu l’opposition au projet. Même si les amendements apportés à la version de base ont apaisé partiellement les inquiétudes, tout laisse croire que le projet de BHNS rencontrera encore des résistances.

Pour pouvoir statuer sur l’octroi du permis, le fonctionnaire délégué du SPW devra s’appuyer sur une triple autorisation de modification de voirie des conseils communaux. A Charleroi, Gerpinnes et Montigny-le-Tilleul, les élus seront dès lors appelés prochainement à marquer leur accord, notamment du fait de la création de parkings de persuasion sur leurs territoires. Dans l’axe de la RN53, il y en aura trois : un premier sur un terrain à proximité de l’hypermarché Carrefour de Bomerée à cheval sur deux communes, et deux autres en sortie du périphérique R3 à Charleroi. Des expropriations s’imposent pour ces parcelles d’une capacité totale de 250 places. Sur l’axe de la N5, il y aura un autre parking à Ma Campagne, sur le territoire de Gerpinnes.

C’est en mars que la population va pouvoir accéder aux éléments de ce mégaprojet de renouveau de la mobilité (NdLR : amendé à l’issue de rencontres avec les citoyens) et faire valoir ses remarques. Si le nombre de réclamations dépasse les 25, une réunion de concertation devra être organisée au terme de l’enquête publique. Dès qu’il sera en possession des avis exprimés par les trois collèges communaux (bourgmestre et échevins) et celui de Ham-sur-Heure/Nalinnes, le fonctionnaire délégué disposera d’un délai de 130 jours calendrier pour délivrer ou refuser le permis, avec une suspension jusqu’à ce que les conseils communaux (l’ensemble des élus locaux) aient approuvé les modifications de voiries.

Comment organiser un accès au dossier en période Covid? Charleroi y a réfléchi

Le projet du BHNS est porté par la Wallonie, au travers de son Opérateur du Transport Wallon (OTW). Il représente un investissement d’une centaine de millions d’euros en ce compris le réaménagement de l’esplanade de la gare du sud.

 Même s’il concerne surtout le territoire carolo, il déborde sur les communes de Gerpinnes et Montigny-le-Tilleul dont les conseils communaux vont devoir autoriser des modifications de voiries, mais aussi Ham-sur-Heure/Nalinnes où seul le collège aura à émettre un avis. Dans un souci de cohérence, les communes appelée à organiser l’enquête publique ont intérêt à se coordonner pour faire coïncider les dates. « Ca n’aurait pas de sens que la procédure commence et se termine à un ou plusieurs jours d’intervalle » selon Xavier Desgain, échevin en charge de la Mobilité à Charleroi. 

« Il est évident que la covid complique la consultation publique », poursuit-il. « Nous avons donc décidé de mobiliser des moyens de consultation complémentaires à un accès physique au dossier, qui ne pourra se faire que dans le respect rigoureux des normes sanitaires, avec rendez-vous préalables. Pas question par exemple d’autoriser la manipulation de plans et de documents maniés par d’autres personnes. Avec les services de l’urbanisme, nous avons réfléchi à en faciliter l’accès via par exemple des systèmes de projections. Des techniciens de notre administration vont en outre être préparés à répondre aux questions des citoyens. S’ils ne sont pas en mesure de le faire, ils pourront se tourner vers un référent-expert du SPW. Enfin, le dossier sera aussi disponible par internet et mis en ligne sur un portail de la Wallonie. »