Marc (prénom d’emprunt) et Bernard étaient des employés exemplaires au sein de l’entreprise située à Fleurus. Mais, en mai 2016, tout a basculé pour les deux hommes lorsque leur employeur a découvert le pot aux roses mis en place par le duo. C’est un chauffeur, revenu d’une livraison avec un bon sans encaissement, qui a mis la puce aux oreilles des dirigeants. " Il a rapidement admis qu’il s’agissait d’un arrangement avec le premier prévenu. Le système était organisé par l’un et par l’autre pour des commandes qui étaient passées avec une livraison de briques, de carrelages, etc. Dès qu’une commande est passée, il y a la création d’un bon dans le système informatique. Par la suite, le bon était supprimé du système informatique et la version papier disparaissait ", explique Me Dizier, l’avocat représentant les intérêts de la société.

Des bons de commande annulés sur trois années

Seulement voilà, le pointilleux système informatique avait effectué des sauvegardes. " Mes clients ont alors remarqué un nombre important d’annulations de bon de commande, provoquant un détournement d’argent extrêmement important ." En 2014, plus de 116000 euros ont été détournés. Les deux autres années, ce sont plus de 108000 euros qui ont disparu. Bernard, lui, se chargeait de récupérer le bon de livraison avant qu’il n’arrive au service comptabilité pour en effacer toute trace. Pour ServiMat, Marc et Bernard ont ainsi dérobé plus de 206000 euros en trois ans (une partie du préjudice a été remboursée).

Mais les deux hommes contestent formellement avoir dérobé pareille somme. Marc admet avoir détourné 5000 euros. Bernard, lui, parle d’un peu plus de 13000 euros. Bien loin des 206000 euros réclamés par l’ex-employeur. " On essaye de me faire porter le chapeau du système en black instauré par l’entreprise ", confie Marc. Bernard affirme même que 10% des paiements se faisaient en noir, " alors que le chiffre d’affaires était de 10 millions par an ."

Dépassement du délai raisonnable

Pour le parquet, le montant volé est un problème. Mais le plus gros souci, dans le dossier, concerne le dépassement du délai raisonnable. Selon le substitut Brichet, le dossier a anormalement traîné alors que les derniers faits remontent à 2016. Le dépassement du délai raisonnable est donc requis. Une simple déclaration de culpabilité est proposée à titre de sanction.

Les avocats à la défense des deux prévenus estiment également que le dossier aurait pu être évoqué depuis un certain temps. Jugement le 23 juin.