L’arrêté pris par la commune pourrait être remis en cause aujourd’hui.

La cavalcade de Fleurus se tiendra-t-elle, finalement, le dimanche 27 et lundi 28 mars ? Rien n’est moins sûr. Et si la décision de la commune était radicale, hier après-midi, cette dernière pourrait être revue aujourd’hui.

Effectivement, durant la journée de jeudi, en accord avec la zone de police Brunau et avec les chefs de file de l’opposition, le collège avait pris un arrêté. Ce dernier confirmait l’annulation, pure et simple, de la cavalcade, ainsi que les manifestations qui se tenaient en marge de celles-ci. À savoir, la fête foraine et la sortie de la fanfare royale Union et Concorde.

Même si cette décision semblait difficile à prendre, elle s’avérait légitime, aux yeux du bourgmestre, Jean-Luc Borremans (PS). "Ce n’est pas une option aisée. Il s’agit d’un cas de force majeur. À partir du moment où la sécurité des citoyens ne peut être assurée, il n’est pas envisageable d’autoriser la tenue d’un tel événement", expliquait-il. "S’il venait à se passer un malheur, je n’oserai plus me regarder dans une glace."

En effet, la sécurité de la cavalcade avait été envisagée avec une menace de niveau 3. Or, les dramatiques événements du 22 mars on fait passer le niveau de menace à 4. Soit le niveau le plus élevé. Difficile, dans ces conditions, de pouvoir assurer la sécurité des participants et des spectateurs.

D’autant que le contexte des récents attentats n’incite pas à la fête. "Il y a de nombreuses victimes : des personnes blessées et décédées. L’heure n’est pas à la fête. Les événements survenus mardi ne doivent pas être banalisés", ajoutait-il.

Pourtant, hier soir, à l’heure d’annoncer l’annulation de la cavalcade aux sociétés de gilles et aux Bernardins fleurusiens, l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM) a, dans le même temps, fait baisser le niveau, pour le faire revenir au niveau 3.

De quoi remettre en cause l’arrêté ? La question sera débattue, aujourd’hui, lors du collège communal. La cavalcade pourrait, bel et bien, se tenir. Même si, pour l’heure, c’est l’arrêté qui est toujours d’actualité.

Le cortège carnavalesque sera-t-il de sortie pour la 136e édition de la cavalcade ? Réponse dans la journée.


De nombreuses restrictions pour le carnaval

Dans l’entité de Courcelles, c’est le carnaval de Trazegnies qui est programmé, à partir de dimanche.

Contrairement à Fleurus, la commune n’a pas totalement annulé la manifestation. "Suite aux dramatiques événements survenus à Bruxelles et devant le niveau d’alerte 4 appliqué sur l’ensemble du territoire belge, nous avons décidé de restreindre la durée des festivités carnavalesques", explique la bourgmestre, Caroline Taquin (MR).

En concertation avec la zone de police des Trieux, la commune a opté pour deux jours de festivités, au lieu de trois. "Le carnaval est maintenu le dimanche et le lundi. Le mardi étant annulé."

Et de reprendre : "Toutes les mesures pour garantir une sécurité optimale ont été prises pour encadrer la festivité. Toutefois, le risque zéro n’existe pas."

Une ordonnance de police supplémentaire va être prise par la première citoyenne courcelloise. Celle-ci interdira la vente d’alcool de plus de 15° dans tous les commerces du village, grandes surfaces et night-shops compris.

Notons qu’il sera également interdit, pour tous, de consommer de l’alcool sur la voie publique. De plus, toutes actions douteuses ou propos déplacés seront synonymes de lourdes sanctions.

Enfin, l’incontournable brûlage des bosses se tiendra le lundi soir, au lieu du mardi, sur la place Albert Ier.

Quant à la tenue du feu d’artifice, le doute subsiste. "Elle est sous réserve d’approbation de Belgocontrol. À l’heure actuelle, nous ne pouvons nous prononcer sur l’accord de l’autorisation", termine Caroline Taquin.


Olivier Henry (PS), p résident de Fleurus Culture:  "L’annulation reste d’actualité"

"Pour l’heure, l’arrêté est toujours d’actualité. Toutefois, avec le retour à une menace de niveau 3, nous pourrions envisager l’organisation d’une cavalcade revue. Le périmètre de sécurité pourrait, de cette manière, être réduit. Les horaires pourraient également être adaptés. Dans ce cas, il ne s’agirait plus d’une cavalcade à proprement parler mais plutôt d’un carnaval. Quoi qu’il en soit, cette éventualité doit être débattue en collège, tout en gardant à l’œil les moyens disponibles : Croix-Rouge, effectifs de police, etc. Actuellement, la cavalcade est toujours annulée. La réponse est attendue ce vendredi."