C'est la grogne au sein du personnel du fabricant de pare-brise AGC à Fleurus. Depuis ce mardi après-midi, les travailleurs, employés et ouvriers, bloquent la production. Plus aucun pare-brise n'est envoyé chez le sous-traitant pourtant voisin direct sur le même site. Certains camions ne sont plus autorisés à rentrer sur le site.

Sur place, un ouvrier qui a souhaité conserver l'anonymat explique le ras-le-bol du personnel. "De nouvelles négociations ont été entamées mais les propositions de la direction sont décevantes. Parmi ces propositions, il est question des indemnités de départ qui ne tiennent pas compte des années d'ancienneté. Elles sont fixées par paliers de 5 ans et plafonnées à 30 ans. Pour exemple, quelqu'un qui a travaillé pendant 29 ans aura droit à des indemnités fixées pour 25 ans. Quelqu'un qui a 37 ans de travail dans l'entreprise n'aura une reconnaissance que pour 30 ans."

Pour le travailleur de telles conditions sont inacceptables. "Depuis 15 ans les restructurations s'enchaînent et nos efforts sont toujours là. La direction ne nous respecte pas."

La durée de la grève n'est pas définie. Pour cette grève, un référendum a été réalisé par les syndicats auprès des travailleurs qui ont voté à 92% en faveur d'un arrêt de travail. "Tant que la direction n'invitera pas les syndicats autour de la table avec des propositions sérieuses qui tiennent compte de nos nombreux efforts nous sommes susceptibles de poursuivre la grève. Les travailleurs n'en peuvent plus."

Pour rappel, en septembre 2021, la direction avait annoncé la suppression de 25% des emplois pour, en début d'année 2022 annoncer que la fermeture complète du site fleurusien en septembre 2023. Quelque 186 travailleurs sont ainsi privés de leur travail. "La situation est d'autant plus grave que la moyenne d'âge est de 50 ans et certains n'ont même pas la possibilité de partir en prépension."