Charleroi

Ce mardi, la chambre du conseil de Charleroi a confirmé l'inculpation d'un des deux policiers. Il reste donc en détention préventive. Le second policier a sollicité une remise, qui lui a été accordée, jusqu'au 20 mai, confirme le parquet fédéral.
    

Ces inculpations intervenaient dans le cadre de deux dossiers concernant une organisation criminelle suspectée principalement d'escroquerie. Durant le week-end, les deux policiers avaient été inculpés de corruption et violation de leur secret professionnel dans un dossier d'escroquerie lié à des vols de voitures effectués par des gens du voyage. Les deux flics inculpés auraient donné des informations sur les perquisitions menées mardi dernier, notamment à Jumet. Ils auraient notamment dévoilé les heures d'arrivée des policiers pour permettre la fuite des suspects. Le commissariat de la police locale de Roux avait également été perquisitionné par l'Inspection Générale de la Police, la semaine dernière.

La plus grande opération menée depuis 20 ans

La semaine dernière, une grande opération menée par le parquet fédéral avait débuté dans le cadre de deux dossiers liés. Ces dossiers concernaient principalement un système d'escroquerie mis en place pour l'achat de voitures auprès de particuliers. Les acheteurs effectuaient un faux virement pour avoir la confiance du vendeur. Dans la plupart des cas, le véhicule disparaissait rapidement après avoir été exporté vers l'étranger avant que les vendeurs ne se rendent de la supercherie. L'instruction judiciaire avait été ouverte le 2 octobre 2018 et plus de 620 faits ont déjà été identifiés pour un préjudice qui s'élève à plus de 6 millions d'euros. Sur deux ans, l'arnaque aurait fait une centaine de victimes belges.

Des perquisitions également à Charleroi

Plus de 200 perquisitions, principalement dans la communauté gitane, avaient également eu lieu. Il s'agissait de la plus grande opération policière organisée sans doute depuis plus de 20 ans, précisait le parquet fédéral. Neuf sites avaient été ciblés sur Charleroi, principalement dans des caravanes ou des habitations. Les perquisitions visaient, d'une part, à saisir les véhicules et, d'autre part, les biens dans lesquels l'argent dérobé a pu être réinvesti. D'autres objets avaient également été saisis, notamment, des armes et fusils, des voitures de luxe, des montres haut de gamme, des bijoux, d'importantes sommes d'argent et des caravanes.

Une cinquantaine de personnes ont été privées de liberté dans le cadre de ce dossier et seront déférées devant le juge d'instruction. Plus de vingt personnes ont déjà été placées sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction.