La pandémie aura provoqué bien des bouleversements dans le quotidien des citoyens. Entre confinement et limitation des activités, le distanciel a pris une place de plus en plus importante et les recours à l'usage de l'informatique sont presque devenus une nécessité absolue.

Pour aider les personnes à appréhender ces changements, les Espaces Publics Numériques ont dû s'adapter encore plus vite que d'autres secteurs. S'il y a quelques années, les espaces numériques se résumaient à trois ordinateurs placés dans un coin, aujourd'hui, il s'agit véritablement d'une assistance à la vie de tous les jours.

A Fontaine-l'Evêque on a compris l'importance d'avoir un EPN compétent, en accord avec les réalités territoriales et proactif. L'annonce récente de la fermeture des agences bancaires de l'entité confronte le public à un nouveau problème et entretient, dans une certaine mesure, la fracture numérique actuelle. "L'année passée nous avons été mis à l'arrêt comme tout le monde et cela a engendré de la frustration," explique Véronique Ben Moussa, animatrice de l'EPN. "Je trouvais que j'avais un rôle à jouer car, dans certains cas, on peut parler d'illettrisme numérique. C'est à ce moment là qu'il fallait aider les gens avec leurs ordinateurs alors qu'ils étaient en confinement."

Après réflexion, il a été décidé que l'EPN allait devenir mobile. Une somme de 15.000 euros a contribué à cela.

Mis en place par le Plan de Cohésion Social à la bibliothèque, les animateurs proposaient déjà une assistance notamment aux étudiants. Des ordinateurs, des imprimantes et des conseils en termes de recherches leur étaient dispensés. Aujourd'hui, le rôle ne cesse d'évoluer. "Nos missions ont évolué et nous intervenons maintenant auprès de personnes qui ne savent pas se servir de telle ou telle application. Les mesures actuelles obligent à se connecter pour entreprendre des démarches auprès de sa mutuelle par exemple. Bien que nous ne pouvons pas organiser de formation collective, il faut tenir compte des demandes de chacun, c'est du cas par cas simplement parce que le matériel est différent. Certains ont un smartphone, d'autres une tablette ou encore un ordinateur portable."

Du côté de l'échevine en charge du numérique, Barbara Osselaer, on est aussi conscient que cette aide pourrait créer une dépendance ; c'est pourquoi les animateurs mettent l'accent sur l'apprentissage mais aussi sur l'acquisition du savoir permettant de se débrouiller seul.

Pour veiller à cela, Véronique Ben Moussa insiste sur l'importance de la formation continue chez les animateurs. "Nous sommes capables d'aider et d'orienter des personnes car nous avons un côté pédagogique dont ne dispose pas forcément un petit-enfant envers ses grands-parents par exemple. Ce n'est pas parce qu'on sait s'en servir qu'on est capable de l'expliquer aux autres."

Quand on parle de formation à distance, une large majorité du public préfère un accompagnement en présentiel pour un meilleur apprentissage.

Avec deux EPN sur le territoire, c'est l'ensemble de la population qui peut trouver une assistance à la carte. Certains l'ont bien compris et n'hésitent plus à faire appel à ces EPN. "Un jour une dame est venue avec un sac chargé d'appareils dont elle ne savait pas se servir. Parmi ceux-ci, il y avait même un téléphone fixe qui sonnait toutes les nuits à minuit. Il a fallu regarder à sa programmation pour résoudre ce problème," conclut amusée Véronique Ben Moussa.