Charleroi

Hommes, temps et argent, la commune a mis les moyens pour la Toussaint.

En août dernier, les cimetières de l'entité de Fontaine-l'Evêque défrayaient la chronique en proposant aux visiteurs un bien triste spectacle de lieux laissés pratiquement à l'abandon.

Aujourd'hui cette image fait partie du passé tant le bourgmestre, Gianni Galluzzo, et son équipe ont mis les bouchées doubles.

En effet, depuis cette année, l'utilisation de produits chimiques est strictement proscrite. Ces nouvelles normes ne laissent pas le choix aux communes wallonnes. Il faut se retrousser les manches et s'occuper des allées à la main.

Le bourgmestre, ancien échevin en charge des cimetières, a pleinement conscience du travail que représente de tels espaces et la nouvelle législation en la matière demande bon nombre d'ajustements. Il est nécessaire parfois de revenir en arrière et de refixer les droits et devoirs de chacun. La commune est responsable de l'entretien comme enlever les mauvaises herbes (pour les cimetières de l'entité, le bourgmestre n'hésite pas à faire son mea culpa) mais les côtés des tombes sont sous la responsabilité des familles."Avant, chaque commune avait son règlement et sa manière de fonctionner. Le législateur a créé un décret pour une cohérence d'action . Maintenant il y a un Monsieur cimetière en la personne de Xavier de Florenne. Nous pouvons faire appel à lui afin de trouver des solutions pour les entretiens et autres aménagements. Le sujet est devenu tellement important que chaque séance d'information est sold out", explique le bourgmestre.

Suite à tous ces changements, il faut donc tout repenser et considérer les cimetières comme n'importe quel coin d'une ville. Dans le cas de Fontaine-L'Evêque, la tendance est de verdir les espaces. Malgré cela, et pour des raisons de practicité, les autorités pensent à mettre du tarmac dans les allées centrales et verdir les allées secondaires. Pour les espaces dédiés aux combattants, Gianni Galluzzo pense à une disposition « à l'américaine » c'est à dire un gazon entretenu sur un seul niveau. A ce stade, rien n'est encore décidé.

"Nous ne sommes pas contre cette nouvelle politique mais cela demande de gros efforts aux communes. Pour être en ordre, nous avons dû mettre 10 personnes sur les 3 cimetières et cela a coûté 30.000 euros. Nous avons 8 hectares à gérer et si nous avons déjà agrandi certains cimetières, le manque de place reste un souci à prendre en compte pour les années à venir. Nous avons comme mission l'entretien pour un bon accueil des familles. Il fallait absolument que nous réagissions mais nous ne pouvons pas mettre autant de moyens à chaque fois. Ayant suivi de près le dossier, je sais qu'il faut un temps plein juste pour gérer l'administratif. En cas d'exhumation par exemple, il est nécessaire de remplir un tas de documents. Et si c'est une sépulture datant d'avant 1945 il faut réaliser des recherches historiques sur l'importance patrimoniale de la tombe mais aussi sur la personne."

Même s'il y a des avancées, le sujet est par nature assez délicat et l'évolution de la vie des cimetières va de paire avec une compréhension des familles. Entre respect des défunts, aménagements des espaces qui ne sont pas extensibles à souhait et évolution de la législation, les communes devront aussi trouver leur fonctionnement avec des moyens souvent très limités.