Charleroi L’aménagement du territoire passe visiblement par la com.


Depuis 2012 et l’arrivée de Paul Magnette au mayorat, Charleroi s’efforce de panser les plaies causées à la fois par la désindustrialisation massive, et des décennies de sous investissements publics.

Ces plaies sont visuelles : certaines ont cicatrisé comme les terrils qui marquent le paysage de loin en loin. Le temps où leurs silhouettes obscures desservaient l’attractivité urbaine est révolu : recolonisés par la végétation, ces anciens crassiers participent désormais à la revitalisation de l’offre touristique, ils sont devenus des lieux de biodiversité, des terrains d’aventure et attirent des milliers de promeneurs.

Parmi ces éléments du patrimoine auxquels on marque de l’attachement, il y a aussi ces témoins de la trépidante épopée du charbon et de l’acier : les châssis à molette de l’ancien charbonnage du Pêchon à Couillet par exemple, ou le haut fourneau n°4 de Carsid, victime de l’obsolescence économique.

Enfin, il y a ces friches qui balafrent le territoire, et se rappellent douloureusement au présent, comme des blessures. Ces friches qu’on a assez vues et qu’on ne veut plus voir : les assumer de manière décomplexée, c’est oser les appeler par leur nom. Parler de bocage industriel comme dans le master plan Sambre Ouest est un peu dérisoire, même si l’activité s’y est éteinte depuis longtemps.

Réapproprions-nous ces espaces sans leur accoler de pansement sémantique, nommons-les sans nous voiler la face : ils font partie d’une histoire qui nous colle à la peau et qui doit inspirer plus de fierté que de honte.