L’histoire de Gaëlle et sa famille semble irréelle, mais pourtant, elle existe. Gaëlle est issue d’un viol. Atteinte d’un handicap mental, cette dernière est incapable de lire et d’écrire. Et Jean-Michel, son parrain, n’arrange pas non plus la situation déjà pénible de sa filleule. Également atteint d’un handicap mental beaucoup plus important que celui de Gaëlle, Jean-Michel a été condamné par le passé pour avoir commis des attouchements sur cette dernière.

Alors qu’il devrait vivre dans un studio du côté de Tournai, Jean-Michel passe le plus clair de son temps chez sa sœur, avec laquelle il a une forte relation, à Montignies-sur-Sambre. Le problème, c’est que Gaëlle a aussi une relation fusionnelle avec sa maman. Cette dernière a beaucoup de mal à choisir entre son frère et sa fille. Et la situation familiale est explosive !

Gaëlle vit très mal l’importante présence de son parrain chez elle et s’emporte fréquemment sur ce dernier. D’après la défense, c’est principalement à cause du comportement du parrain, qui s’exhiberait et se toucherait encore devant sa filleule. Poursuivie pour une scène de coups le 31 mars 2019 sur son parrain, Gaëlle est en aveux de lui avoir asséné un coup de poing au visage et lorsque la police est intervenue sur place, les dégâts ont été constatés : « Ils ont découvert plusieurs traces de coups sur le visage du parrain, dans un état hygiénique plus que déplorable mais également plusieurs hématomes sur son corps, laissant penser à des coups antérieurs. » Dans un premier temps, Jean-Michel a expliqué avoir été se cogner sur la table. Mais forcé de s’isoler avec les policiers à l’étage, il a finalement confirmé que Gaëlle l’avait frappé et que ce n’était pas la première fois. « On a même découvert une cicatrice digne d'un coup de couteau à la cuisse du parrain », confirme le parquet de Charleroi, qui estime que le parrain est victime de la violence de sa filleule depuis fin 2018.

Le lendemain de la scène, Gaëlle s’est emportée sur sa voisine, qui avait fait appel à la police en entendant les appels à l’aide de Jean-Michel dans le jardin. « Elle l’a croisée en rue et elle lui a porté un coup de coude à la pommette droite avant de la pousser au sol, sur le trottoir. »

Le mal-être de Gaëlle face à cette situation l’a déjà poussée à faire trois tentatives de suicide en 24 heures. « Elle s’est ouvert les veines, tentée de mettre fin à ses jours avec de l’Insuline avant de voir son parrain débarquer à l’hôpital avec une petite seringue d’Insuline pour terminer le travail », assure Me Gras, avocat de Gaëlle. Compte tenu de son état mental, un internement a été requis. Ce qui laisse la défense sans autre solution que d’accepter l’internement de Gaëlle. « C’est la victime qui est sur le banc des prévenus », souligne l’avocat. Jugement le 15 février prochain.