Recalée. La motion déposée par le PTB pour suspendre l’exécution des expulsions locatives jusqu’au terme de la crise sanitaire s’est fait dézinguer au conseil communal : le chef de groupe MR d’opposition Nicolas Tzanetatos y voit une menace pour les petits propriétaires. Quant au PS, il la qualifie d’imprécise, inadéquate et incomplète selon les termes de Jean-Philippe Preumont. Et ce n’est jamais qu’une resucée de la proposition que le parti radical de gauche avait tenté de présenter le mois dernier au parlement wallon. Avec le même accueil. 

 La conseillère Pauline Boninsegna (PTB) en a rappelé l’objet : protéger les familles frappées de plein fouet par la pandémie de la perte de leurs logements. Sous ses apparences sociales, cette mesure n’est-elle pas finalement antisociale et dangereuse pour des propriétaires dont le loyer constitue un revenu d’appoint indispensable à leur survie ? Nicolas Tzanetatos insiste : le pouvoir judiciaire est le mieux placé pour apprécier les situations. Ce serait une mauvaise idée de lui substituer une législation provisoire. 

 Le Chef de groupe socialiste, Jean-Philippe Preumont a ajouté qu’il existait une mesure de prêt à zéro pourcent dans l’arsenal wallon pour aider les locataires en difficulté à faire face à leur arriéré de loyers. A ses yeux, la médiation de dettes est de loin préférable à un gel des expulsions. Majorité et opposition ont taclé d’un même vote la motion PTB.