On le sait, les groupes de motards rassemblent des dizaines et des dizaines de passionnés de bécane. Ce qui est également certain, c’est que pour être membre de ces groupes, il faut respecter une charte, une politique bien spécifique. Pour le parquet et pour le tribunal correctionnel de Charleroi, ces chartes sont contraires aux valeurs défendues par notre société…

Grégory, membre des Hell’s Angels, et Alexandre, affilié au Red Devils, comparaissent ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour une scène de coups sur Claudio. Ce dernier, par contre, confirme n’être membre d’aucun groupe. Mais cela ne l’empêche pas de passer du temps au sein d’un local appartenant à un groupe de bikers à Lodelinsart. Le 4 novembre 2018, Claudio s’en va boire un verre dans le local avec sa compagne. La banale sortie en couple se termine par une scène de coups, devant l’établissement. Ce que Claudio a du mal à comprendre, plus de deux ans après les faits. "Ils m’ont demandé de partir parce que les Hell’s Angels allaient arriver. Je suis sorti et ils m’ont suivi."

Pour Alexandre et Grégory, la scène ne s’est pas déroulée de la même manière. "Il insultait Alexandre et il lui a donné une baffe avant que ça déborde à l’extérieur", jure Grégory. Alexandre confirme les propos de son ami, en reconnaissant avoir porté des coups de poing à Claudio.

Le contraire aurait été, de toute manière, difficile à contester puisque la scène se déroulant dehors a été filmée par des caméras de surveillance. Les images montrent Grégory tourner autour de Claudio, « comme un sergent instructeur qui engueule son poulain », avant de le voir asséner des coups de pied à la moto de Claudio et à son visage. Pendant ce temps, Alexandre donne des coups de poing et maintient droit Claudio par sa veste pour lui permettre de se faire frapper.

Pour le substitut Bury, cette scène ressemble étrangement à une sorte de punition, rite assez habituel dans les groupes de motards lorsque l’un des siens faute. "Il y a certainement eu une discussion à l’intérieur, mais le dossier montre clairement une scène de coups, à deux contre un, sur Claudio. Dans certaines organisations, le non-respect des chartes peut entraîner ce genre de choses."  Le parquet pense que Claudio était resté en contact avec une personne qu’il aurait dû ne plus fréquenter. La peine à infliger aux prévenus est laissée à l’appréciation du tribunal correctionnel, même si le parquet souhaite une sanction exemplaire. Jugement le 5 mars prochain.