Depuis ce matin, de nombreux passagers signalent l'arrêt des enregistrements à l'aéroport de Charleroi.

Des bagagistes et du personnel du "checking" ont entamé une grève sauvage pour dénoncer les conditions de travail, signalait tôt ce matin RTL Info. Les grévistes voulaient se faire entendre par leur direction sans pour autant empêcher les passagers de prendre leur avion, mais la situation a évolué au fil des heures.

Ce qu'il s'est passé: entre 4 et 5 heures du matin, un arrêt de travail était prévu par le front commun syndical pour une information à l'ensemble du personnel. SETCA, CNE, CSC Transcom et FGTB Métal avaient prévu de communiquer aux travailleurs (ouvriers et employés) les dernières propositions de la direction de l'aéroport dans le cadre des mesures d'économies que BSCA a prévu de faire. "L'idée était de ne pas trop perturber l'aéroport, avec des retards légers, mais ça ne s'est pas passé comme prévu", explique Alain Goelens, secrétaire permanent SETCA.

De fait: comme le confirme aussi Yves Lambot, secrétaire permanent CNE, le personnel n'a pas du tout apprécié les propositions de la direction, ni le fait qu'aucun représentant de cette direction n'était présent pour s'expliquer sur les mesures. La direction souhaiterait appliquer un "effort salarial" de 5%, mais les syndicats exigent que cet effort soit progressif en fonction des rémunérations, indique l'agence Belga. Un autre problème serait la flexibilité accrue des travailleurs, voulue par la direction.

Les travailleurs de l'aéroport ont dès lors levé le pied en attendant que la direction les rencontre. Vers 7h30, le CEO Philippe Verdonck est apparemment arrivé sur place, nous dit-on, pour s'expliquer. Le travail a repris vers 8 heures mais aucun avion n'avait encore pu décoller.

"Personne n'a apprécié les explications de la direction, mais le travail a repris, ça montre bien que le personnel n'est pas contraire mais souhaite être entendu", souligne Alain Goelens. De son côté, Yves Lambot rappelle que "une liste de possibilités de négociation a été remise à la direction, mais à chaque fois elle n'en tient pas assez compte. D'où la réaction du personnel".

Par voie de communiqué en fin de matinée, la direction de l'aéroport a "déploré" le mouvement de grogne sociale, "tenant compte que ce dernier a été déclenché de façon inattendue pendant un processus de négociation avec les représentants des travailleurs. Nous continuons à promouvoir un dialogue social constructif tout en tenant compte des grands défis auquel l’aéroport doit faire face"

Au niveau de l'impact sur le fonctionnement de l'aéroport, BSCA rapportait en cours de matinée que certains vols avaient été annulés, d'autres étaient en diversion vers des aéroports proches et certains vols, qui restaient prévus, annonçaient jusqu'à 4 heures de retard. "Des perturbations sont à prévoir probablement sur l'ensemble de la journée", signale le porte-parole de BSCA, Vincent Grassa. Les passagers des vols impactés sont tenus au courant par les compagnies.