La Sambrienne finalise l’uniformisation de son portefeuille de loyers.

Un an et demi après la fusion des cinq sociétés de logements sociaux de Charleroi, la Sambrienne finalise l’uniformisation de son portefeuille de loyers. Dès le 1er janvier 2015, un demi-millier de locataires vont bénéficier d’une réduction, mais 700 autres se verront imposer une hausse.

Une pilule qu’ils digèrent d’autant moins que les répercussions budgétaires sont salées : avec les indexations de charges locatives, ces augmentations peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par an. Henry, Rudy, Marylène, Jean-Claude, Corrado et d’autres en témoignent.

Habitants des buildings de la place des Porions à Montignies-sur-Sambre, ils ont décidé de se mobiliser pour dénoncer la brutalité de cette mesure qu’ils qualifient d’antisociale. Nous en avons rencontré une dizaine ce mardi matin. Ils réclament à la Sambrienne l’étalement de l’entrée en vigueur des hausses. Sur une durée de 5 ans, suggère Jean-Marie Vanderputten, locataire et ancien vice-président de la Carolorégienne.

La réponse du président de la Sambrienne n’a pas tardé à venir. Pour Hicham Imane (PS), "c’est non à une disposition linéaire. Pour rappel, notre conseil d’administration s’est prononcé à l’unanimité sur l’adoption d’une nouvelle grille de valeurs locatives normalisées (VLN). Nous ne reviendrons pas sur cette décision qui résulte d’une application rigoureuse de la loi, en l’occurrence le code wallon du logement. Par contre, nous sommes conscients que les difficultés que vivent certaines familles méritent la plus grande attention en cette période de crise. C’est la raison pour laquelle nous allons demander à la direction de la Sambrienne d’examiner chaque situation de manière individuelle, et d’accorder des délais de régularisation dans les cas où ce sera justifié. Ma conception de la justice sociale, c’est que chaque citoyen contribue au financement du coût du service public à hauteur de ses revenus. À la Sambrienne, une grande majorité de locataires sont précarisés : notre société ne peut pas leur réclamer plus de 20 % de leur revenu mensuel, soit 200 euros s’ils en perçoivent mille. Je ne trouve pas anormal ou choquant de réclamer 550 euros de loyer à un ménage qui gagne 2400 euros nets par mois pour un logement trois chambres avec garage !"

L’affaire s’est propagée sur le terrain politique. En interne au PS, des militants font de la résistance et pointent un doigt accusateur sur le président (lire ci dessous). Ambiance.