Le confinement a causé dans plusieurs cas un dépassement des 14 semaines maximum.

À Charleroi, les craintes de l’équipe médicale du Collectif Contraception se sont en partie confirmées. "Comme on s’y attendait, le confinement a ralenti les interruptions volontaires de grossesse (IVG)", constate Julie Verbist, médecin du centre de planning familial de l’avenue des Alliés à Charleroi. "Pendant le confinement, nous avons enregistré une baisse du nombre d’IVG, environ à 75 % du volume ordinaire qui est de 14 à 15 par semaine."

Si l’activité retrouve lentement son niveau d’avant crise, le lockdown a aussi allongé le temps de réaction des jeunes femmes souhaitant avorter. Prise tardive de rendez-vous, report des consultations ont favorisé une augmentation de l’âge des grossesses non désirées. En Belgique, une IVG est possible jusqu’à 14 semaines. Au-delà, les patientes sont réorientées vers la Hollande où la législation permet de les pratiquer jusqu’à 24 semaines. "Personnellement, j’ai eu trois cas de ce type durant la période, contre une seulement au cours de toute l’année 2019", rapporte le médecin.

L’autre inquiétude de l’équipe médicale, c’était de voir arriver davantage de très jeunes femmes. "On manque encore de recul pour avoir un regard tranché là-dessus", poursuit-elle. Si les prises de rendez-vous ont retrouvé leur niveau presque normal, on constate un taux accru d’absences dans le chef des patientes.

Le centre de planning familial rassure : toutes les mesures utiles ont été prises pour garantir la sécurité sanitaire des patients et du personnel.